De nos jours, on a tendance à dégainer plus vite que son ombre son téléphone quand on assiste à des événements insolites ou à des drames. Ce mercredi matin, Hamza comparaît devant la justice pour avoir fait usage de son téléphone à l'insu d'une jeune victime âgée de 16 ans lors de faits d'une importante gravité. Car selon le parquet, cette dernière était en train de se faire violer par Hamed quand Hamza a voulu jouer au Spielberg...

Un contrôle de véhicule qui déclenche tout

Si une notice de viol a été ouverte par la justice, c'est grâce à un banal contrôle d'un véhicule sur la route, le 30 mai 2019. Ce jour-là, la police souhaite contrôler un véhicule VW Polo conduit par l'un des deux prévenus. Le chauffeur gare le véhicule sur le côté, avant de prendre la fuite en courant. Un GSM Samsung est découvert à l'intérieur de la voiture, avec le compte Snapchat de Hamza.

C'est en procédant à une exploitation sommaire du téléphone que les policiers tombent sur trois vidéos interpellantes datant du 26 mai, soit quatre jours plus tôt. « La première vidéo montre un homme en train d'avoir une relation sexuelle avec la victime. Cette dernière, qui a l'air plutôt faible, tente de repousser l'homme. La deuxième vidéo montre le même individu en train de terminer son acte avec un papier essuie-tout. Et la troisième vidéo se déroule dans une voiture. La tête de la victime est filmée et elle semble être inconsciente », précise le substitut Vervaeren.

La jeune fille visible sur les vidéos est identifiée et entendue. Elle confirme avoir consenti à la relation sexuelle, mais ne se souvient plus trop de la soirée à cause d'une consommation excessive d'alcool. « Elle ne se souvient même plus de s'être retrouvée dans le salon ou dans la voiture. Elle n'était pas en état de consentir ou de ne pas consentir. C'est impossible », estime le parquet.

« Elle était consentante »

Interrogé sur la prévention de viol, Hamed jure que la victime était consentante. « C'est une fille avec laquelle j'avais eu des relations sexuelles, avant et même encore après les faits. Pour moi, elle était consentante. » Hamza reconnaît avoir filmé le tout, « sans s'être caché ». Pour faire comprendre à Hamed la gravité de son comportement, une peine de 4 ans de prison est requise. Pour le voyeurisme, c'est une peine de 2 ans de prison qui est sollicitée.

Me Libois, à la défense, plaide l'acquittement de son client au bénéfice du doute, affirmant que le dossier ne comporte pas la preuve absolue de l'absence de consentement de la jeune fille. Me Dumont, l'avocat de Hamza, plaide lui aussi un acquittement plutôt technique que factuel, estimant que tous les éléments constitutifs de la prévention de voyeurisme ne sont pas réunis.

Jugement le 27 avril.