Pour le parquet, l'homme qui a comparu devant la 6e chambre du tribunal correctionnel doit être considéré comme un "prédateur sexuel." À 39 ans, Éric doit répondre d'abus sexuels sur quatre garçons, désormais adultes mais qui étaient beaucoup plus jeunes quand ils ont croisé sa route. Pour le tribunal, il est allé trop loin et a fait usage de "stratagèmes abjectes" pour arriver à ses fins. Il écope de 8 ans ferme.

Parmi ses victimes: Jérôme (prénom d'emprunt), un scout de 17 ans qui avait une confiance aveugle envers le cuistot de son camp quand ils sont partis à l'étranger. En 2015, le prévenu aurait pratiqué une fellation (soit un viol) sur le jeune garçon dans son sommeil. Sur ce volet, le tribunal estime qu'il y a doute et il l'acquitte de cette prévention. Néanmoins, il y a tout le reste. Des massages connotés sexués, des gestes déplacés alors qu'il partageait le même lit.

Jérôme n'est pas le seul. Son petit frère (né en 2 000) a aussi subi la perversité malsaine du prévenu. La jeune victime a évoqué des massages intimes. Un 3e louveteau aurait été masturbé dans une caravane. Des faits reconnus par le trentenaire. Enfin, entre 2006 et 2013, ce dernier a fait une quatrième et dernière victime: un mineur de moins de 16 ans, qu'il gardait lors de sessions de baby-sitting. A cela s'ajoute l'addiction aux fichiers pédopornographiques. En dix ans, le prévenu aurait compilé 380 000 images.

Profil inquiétant

Vu l'extrême gravité des faits et le fait que le trentenaire avait autorité sur ses victimes, le tribunal ne peut envisager de mesures de faveur. L'homme fait preuve d'"une perversité redoutable". De surcroît, il présente un profil inquiétant. Pour l'heure, il s'occuperait de jeunes d'origines d'origine africaine dans son quartier et serait preneur d'un parrainage. Et même s'il est demandeur de suivi, aucune démarche à caractère thérapeutique n'a été entamée dans son chef.

Vu l'absence de prise de conscience et de regrets (Ndlr: alors que deux de ses victimes étaient présentes à l'audience) , le tribunal le condamne à 8 ans de prison (contre les 7 ans requis par le Parquet) et une mise à disposition du tribunal d'application des peines pour 5 ans. Le matériel pédopornographique est confisqué. L'arrestation immédiate a été ordonnée.

Quant aux victimes, constituées parties civiles, elles obtiennent un euro à titre provisionnel.