Il aurait pu être considéré comme un bon samaritain qui aide son prochain… Mais à la place, Frédérick peut être considéré comme une personne lâche, incapable de prendre ses responsabilités. Le 2 mai 2018, ce dernier a pris en charge Therry, qui faisait du stop devant un magasin Trafic à Leval-Trahegnies. Therry, qui vit en marge de la société, n’a pas d’endroit pour dormir. Également connu pour être un fervent consommateur de stupéfiants, il crèche souvent dans son sac à couchage dans le bois.

Mais pour Frédérick, hors de question de laisser dormir l’homme de 38 ans à l’extérieur. « J’ai accepté qu’il reste dormir au rez-de-chaussée jusqu’au lendemain. » Frédérick ne le savait pas, mais cette soirée où les deux hommes ont consommé de la cocaïne et de la méthadone allait être la dernière de l’existence de Therry. Car le lendemain matin, seul Frédérick se lève pour aller bosser. Son invité du jour, lui, semble dormir paisiblement dans son lit.

Pas d’inquiétude donc pour Frédérick. Sentiment renforcé lorsqu’il rentre chez lui, à 16 heures. « J'ai vérifié et j’ai vu sa bouche et sa mâchoire bouger. J’ai l’habitude de voir des amis dormir un ou deux jours. » L’hébergeur mange et nettoie la maison. 19h00, heure du décès de Therry, d’une hypoxie sévère à cause du cocktail dévastateur consommé la veille au soir.

Frédérick commence seulement à s’inquiéter au moment de se coucher et en plein milieu de la nuit. Il tente d’embarquer le corps sans vie de Therry dans son véhicule, sans succès. Il laisse le corps sur le sol devant son habitation, jusqu’à l’appel passé aux secours le 4 mai, vers 7h du matin.

Face à la sœur de la victime, Frédérick avoue ne pas avoir réagi comme il fallait. Une peine d’un an de prison est requise pour sanctionner la non-assistance à personne en danger. Jugement le 24 juin.