À 35 ans, Mathieu est loin de correspondre à l’image du bandit, habitué des comparutions devant le tribunal correctionnel. Jamais, jusqu’à présent, Mathieu a été confronté à la justice ou à la police. Il ne se fait pas connaître et mène tranquillement sa vie loin des tracas judiciaires. Mais depuis deux ans, Mathieu n’est plus le même homme et traverse une période compliquée de son existence. Il sombre dans la consommation excessive d’alcool et dans une profonde dépression, à la suite de la perte de sa petite fille… « Vous savez, j’ai pensé au suicide », lance Mathieu au tribunal. « Mais pour passer à l’acte, il faut du courage et moi, je n’en ai pas. »

En l’espace de trois mois, Mathieu part en vrille. Son état dépressif et son état d’ivresse ne l’aident pas à rester sur le droit chemin. Le 13 décembre 2019, alors qu’il est pris en charge par un chauffeur de taxi, Mathieu n’est pas en mesure de payer l’intégralité de la course et s’emporte violemment sur le taximan. Lorsque la police intervient, Mathieu continue à faire des siennes, insulte les policiers et frappe une policière, avec un coup de poing dans le gilet pare-balles.

Le 4 mars 2020, Mathieu agresse gratuitement le pauvre Jean, 74 ans, qui attend à l’arrêt de bus à Charleroi. Le septuagénaire, sourd et muet, est victime d’une lésion à l’œil et d’une coupure au nez à la suite de plusieurs coups de poing par Mathieu. Présent à l’audience et aidé par sa fille pour communiquer avec le tribunal, Jean ne souhaite pas réclamer le moindre dommage.

Sur les faits, Mathieu n’a pas grand-chose à dire. Rempli de honte, il admet avoir commis les faits. Depuis lors, le trentenaire semble s’être repris en main. « Je fréquente les alcooliques anonymes et je vois un psychologue. » Pour la substitute Pied, Mathieu doit continuer ses efforts. C’est pour cette raison, mais également compte tenu de l’absence de casier judiciaire, qu’une suspension probatoire du prononcé est proposée à Mathieu.

La fin d’audience est marquée par une scène qui en dit long sur la personnalité de Mathieu. Ce dernier a souhaité s’adresser directement à Jean. « Si vous le permettez, je voudrais me retourner vers Monsieur et lui présenter mes excuses. » « Il accepte vos excuses », rétorque la fille de Jean.

Jugement attendu pour le 21 octobre.