En août et septembre 2021, Mohssine a, selon le parquet, semé la terreur dans les rues de Charleroi. Le 9 août, sur la chaussée de Bruxelles à Dampremy, trois agressions en l'espace de quelques minutes ont eu lieu. À chaque fois, un prévenu décrit de type maghrébin et athlétique a exhibé un couteau pour effrayer ses victimes et obtenir bijoux, portefeuille ou GSM. Une septuagénaire a fait les frais du suspect, qui lui a arraché un collier.

Le mode opératoire et la description physique collent

Deux jours plus tard, deux agressions au mode opératoire similaire éclatent en l'espace de quelques minutes de temps à Montignies-sur-Sambre. Une nouvelle tentative de vol d'un GSM se produit le 11 août. Enfin, le 25 août, c'est un sac à main qui est arraché par un individu. Puis, plus rien jusqu'au 10 septembre où à la ville basse, une femme est victime d'un vol avec violence d'un billet de 100 euros planqué dans la coque de son GSM.

Par chance, une patrouille de la police locale n'est pas très loin et est avisée de l'agression par la victime, elle-même. Mohssine est interpellé, non loin de l'endroit de l'agression, et correspond étrangement à la description du suspect fournie aux policiers. Les caméras de surveillance de la Ville sont analysées et confirment le vol avec violence commis par Mohssine, porteur d'un sac blanc et jaune. Confrontée à ce dernier, la victime le reconnaît formellement.

Une explication farfelue

D'après l'individu, si la victime l'a dénoncé, c'est parce qu'il squatte les caves de l'immeuble où habite la femme. « Il explique qu'il dormait dans une camionnette sur le parking de l'immeuble. Le véhicule a été saisi et donc il s'est réfugié dans les caves de l'immeuble. La victime, qui habite dans le bâtiment, veut simplement le dégager et a signalé ce vol avec violence », narre la substitute Dutrifoy en reprenant l'explication fournie par le prévenu.

Et rapidement, le lien avec les précédentes agressions est établi grâce au mode opératoire similaire entre les faits et au physique de Mohssine, correspondant à la description physique de l'agresseur. « L'une des victimes des agressions à Dampremy a reconnu à 90% le prévenu comme l'auteur des faits », rajoute le parquet.

Aux côtés de Mohssine sur le banc des prévenus, il y a également Ronald. Ce dernier, suspecté d'avoir conduit Mohssine sur trois des vols, conteste avoir eu connaissance des intentions du premier prévenu. « Je le déposais où il me demandait d'aller et je l'attendais. Mais je ne savais rien. »

Le parquet a requis une peine de 4 ans de prison contre Mohssine, et trois mois supplémentaires pour un séjour illégal. Pour Ronald, c'est une peine de 2 ans de prison qui est sollicitée, avec un sursis partiel. Me Druart, à la défense de Mohssine, plaide un acquittement pour les vols contestés et un sursis simple pour l'agression du 10 septembre dernier.

Sans avocat, Ronald plaide un acquittement. Jugement le 28 mars.