Stéphane a même réussi à enlever une jeune fille de 15 ans.

Stéphane est accro au sexe. Alcoolique, dépressif, il trouve un malin plaisir à surfer dans les tréfonds glauques du darkweb ou à chasser les adolescents sur des sites de chat tels que Skype et Skyrock.

Son hobby pour le moins sordide a été mis au jour en septembre 2014. Ce jour-là, Maureen, une jeune Carolo de 15 ans, a disparu de la circulation. En fouillant son PC, ses parents ont découvert des conversations scabreuses avec un certain Stéphane A., alias Oui-Oui.

C’est ainsi que les enquêteurs ont retrouvé la gamine à Gilly, chez une dame qui hébergeait ce pervers SDF.

En analysant son disque dur, la police judiciaire a découvert que l’individu avait approché quatre autres mineurs. "À chaque fois, il s’en est pris à des adolescents en recherche d’identité", a souligné la substitute, qui poursuit Stéphane pour incitation à la débauche, attentats à la pudeur et enlèvement. "Il engageait la conversation et déviait rapidement sur le sexe avant de demander à son interlocuteur de se dénuder, puis de se masturber devant leur ordinateur. C’est ce qu’on appelle une sexcam."

Si certaines victimes se sont désistées à temps, d’autres sont allées jusqu’au bout, à l’instar de Maureen que le prévenu a contraint à s’insérer des objets devant la webcam.

L’adolescente était véritablement sous son emprise, si bien qu’elle a accepté de le rejoindre. "Il lui a prétendu qu’il avait déjà aidé des personnes en souffrance comme elle", a ajouté le parquet qui requiert quatre ans de prison, avec un sursis probatoire particulièrement strict.

Me Puccini, conseil de Stéphane, sollicite d’ailleurs ce sursis pour ce qui excède les 18 mois de détention préventive déjà purgés. "C’est un geek. Plutôt un voyeur qu’un prédateur. Mais il a clairement un problème qui nécessite un traitement psychologique et psychiatrique. Sans parler de son alcoolisme", a reconnu l’avocat de la défense.

Du côté des parties civiles, Me Mohymont estime que le prévenu a fait bien plus que regarder, puisqu’il a poussé plusieurs jeunes filles à adopter des comportements inadéquats.

Aux enquêteurs, Stéphane avait fixé ses limites : "Pas en-dessous de 12 ans, je veux des corps de femme", avait-il déclaré.