Le parquet réclame un minimum de cinq ans de prison contre Djibrill.

Lorsqu’elle a quitté sa Guinée natale à l’âge de huit ans pour rejoindre son père, à Jumet, Mila pensait voir son avenir s’éclaircir. Mais pour cette petite fille, le cauchemar ne faisait que commencer.

"Quand j’ai eu 10 ans, mon papa a commencé à me violer", a-t-elle raconté aux enquêteurs horrifiés. "Cela se passait tous les samedis. Il passait des films pornos et me faisait boire un alcool qui ressemblait à du rhum. J’avais la tête qui tournait et il en profitait pour abuser de moi, parfois avec un faux zizi."

Les déclarations de la petite victime ont été confortées par les perquisitions menées chez Djibrill puisqu’un godemiché et une bouteille de rhum ont effectivement été retrouvés. Mais il aura fallu des années, sept au total, pour que la fillette dénonce les faits.

Son père étant sa seule attache en Belgique, Mila faisait tout pour le contenter. Le temps passant, l’enfant est devenue pubère et… a fini par tomber enceinte des œuvres de son paternel. "Mon père et sa compagne m’ont emmené à Bruxelles chez un médecin qui m’a donné un médicament. Puis, il m’a prescrit la pilule."

Interrogé, le docteur en question a confirmé cet avortement. Djibrill, lui, a déclaré qu’il "ne s’occupait pas des problèmes contraceptifs de sa fille".

Difficile à croire pour un père protecteur comme lui… L’affaire a finalement éclaté après une scène de violence : Mila s’est réfugiée chez des voisins à qui elle s’est confiée. Ces derniers ont aussitôt prévenu les forces de police.

Cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Charleroi, Djibrill n’a pas daigné se présenter. Pas de quoi déstabiliser le parquet, qui a requis un minimum de cinq ans de prison ferme à son encontre.

Mais pendant que son père abuseur court les rues, Mila, elle, se morfond en institution, pensant avoir commis une faute.