La police fédérale avait eu vent, en avril 2010, qu’une culture de cannabis et un laboratoire de synthèse avait pris place dans un hangar de la rue des Ateliers, à Leval-Trahegnies. On y voyait souvent des véhicules français se stationner à l’arrière pour embarquer de grands fûts.

Les enquêteurs ont donc mis en place des techniques particulières d’observation et ont appris que la plantation allait déménager, en mai 2010, pour s’installer en plein cœur de Charleroi, à la rue Bethléem. La manœuvre fut d’une simplicité enfantine : les cultivateurs ont loué un camion et procédé tranquillement au déménagement du matériel, sans être inquiétés.

Mais une fois à Charleroi, la culture de cannabis a attiré les convoitises dans les milieux interlopes. Mourad, le voisin d’en face, a compris ce qui se tramait dans cette maison. Il a donc pris son baluchon et est allé se servir, peinard. D’autres que lui ont eu la même idée et ont tenté de s’emparer de cette manne céleste et odoriférante. Ce qui a débouché sur deux scènes de coups de feu en direction de la maison de Mourad.

Un règlement de compte qui n’a pas fait de blessé, mais qui a été qualifiée de tentative de meurtre par le parquet. À l’audience du tribunal correctionnel, où sept prévenus étaient poursuivis, la substitute Gabriel a toutefois abandonné l’intention homicide, estimant que les tirs ne constituaient que des menaces. "Et comment attribuer ces coups de feu à quatre personnes ?", ajoute Me Balsarini, conseil d’Amine, l’un des prévenus. "Les riverains ont entendu un scooter démarrer. À moins qu’il ne s’agisse d’un numéro de cirque, je ne vois pas comment cela a pu se passer."

Ce lundi, le tribunal a rendu sa décision, condamnant la plupart des protagonistes à deux ans de prison. Les récidivistes ont eu droit à une peine ferme, les autres au sursis. Bref, ce n’est pas bien de voler, même s’il s’agit d’une plantation de cannabis.