Les trois jeunes qui tabassaient gratuitement les passants et écopent de peines de travail.

Durant plusieurs mois de l'année 2013, une bande de jeunes a imposé sa loi dans les rues de la Ville-Haute à Thuin. Leur passe-temps était tout simplement de rosser les passants sans aucune raison, si bien qu'un climat de terreur s'est installé au sein de la population qui craignait de sortir le soir. A l'époque, les autorités communales avaient instauré des horaires de fermeture plus stricts pour les débits de boissons. Et les parents des fauteurs de troubles identifiés ont été convoqués. Mais il aura fallu de longues semaines avant que Frédéric, Samuel et Rodrigue ne soient interpellés. .

Début novembre, ils ont comparu devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour plusieurs scènes de coups à l'égard de victimes qu'ils agressaient au hasard. A la sortie du café le "Rapido", où ils avaient apparemment consommé de l'alcool, ils avaient jeté une canette sur la voiture d'un jeune qui, évidemment, leur avait demandé des comptes. Mal lui en a pris : le malheureux a été projeté au sol et roué de coups. La même nuit, un couple de quadragénaires a également fait les frais de cette violence gratuite. Et bien d'autres victimes ont subi les coups de cette petite bande. Didier, par exemple, a eu le pied fracturé en 12 morceaux. Un autre jeune a souffert d'une fracture de la mâchoire et de la cavité orbitale. Soigné au "crochet", il en a conservé des séquelles permanentes.

"Ils ont instauré un climat de peur. La population ne se sentait plus en sécurité. C'est comme ça que l'on en vient, dans certaines régions, à des scores importants de l'extrême-droite aux élections", a déclaré Me Demanet, conseil d'une partie civile, lors de sa plaidoirie. Du côté du parquet, on abondait dans le même sens : une poignée de jeunes violents a réussi à instauré la terreur dans une ville. Le Ministère public avait donc requis des peines de prison mais ne s'était pas opposé à des peines de travail. C'est d'ailleurs ce qu'a plaidé l'avocate de Samuel et Rodrigue. Le premier a pu canaliser sa violence en s'inscrivant à la boxe. L'autre a trouvé une copine et un emploi et ne s'est plus fait connaître de la police.

Manifestement, la juge Paulet croit en ce reclassement puisque les trois prévenus ont obtenu des peines de travail. Frédéric s'en sort avec 150 heures, ses deux compères avec 100 heures.