Charleroi

Deux hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Charleroi, mercredi, pour une tentative d'assassinat à Heppignies (Fleurus) en juillet 2012. 

Le parquet a requis un minimum de 10 ans de prison contre ces individus qui avaient tendu un guet-apens à leur victime pour lui tirer dessus avec un fusil de chasse et lui donner des coups de crosse, de cutter et de porte. La victime avait réussi à s'enfuir. Le 27 juillet 2012, Jimmy G. (Gretzer) et Pascal R. (Reygers) avaient tendu un guet-apens à Houssain B. (Bouhaddouz) dans une villa abandonnée de la rue du Muturnia à Heppignies. Selon la version du parquet et de Me Mayence, conseil de la partie civile, les deux hommes avaient fermement l'intention d'assassiner la victime qui les avait déjà employés sur l'un de ses chantiers.

Jimmy G. lui avait d'ailleurs volé du matériel et craignait des représailles. "Lorsque mon client est entré dans la villa, il a été directement la cible d'un premier tir de fusil de chasse qui l'a légèrement blessé alors que l'on visait clairement à hauteur de l'abdomen", a expliqué Me Mayence. "Le deuxième coup de feu l'a atteint à travers la porte vitrée, alors qu'il tentait de s'enfuir. Pascal R. a voulu l'empêcher de quitter les lieux en lui donnant des coups de cutter à la tête. Houssain B. s'est fait casser les dents à coups de crosse. On lui a frappé la tête à l'aide d'une porte. Il a eu beau supplier à genoux, ils étaient déterminés à le tuer. Ils avaient d'ailleurs repéré une chambre de visite pour y cacher son corps."

L'avocat de la partie civile a finalement sollicité 20.000 euros provisionnels et une expertise pour son client qui avait pu s'échapper miraculeusement, grâce à sa condition physique exceptionnelle.

La substitute Guisset a estimé que de nombreux éléments établissaient la préméditation. D'une part, le projet avait été mûrement réfléchi et l'arme achetée dix jours avant les faits. D'autre part, Pascal R. confirme que l'intention était bien de tuer et que tout était planifié. Un numéro de GSM différent a d'ailleurs été utilisé pour tendre le piège à la victime. Au terme de son réquisitoire, la magistrate a requis une peine de minimum dix ans de prison.

Me Vanardois, conseil de Pascal R., a plaidé la clémence, son client étant en aveux complets sur la tentative d'assassinat. Il a, selon l'avocate, émis des regrets et n'a pas fait usage de l'arme à feu. Me Vanardois affirme que Jimmy G. était l'instigateur et que Pascal R. a accepté de l'aider pour obtenir une somme d'environ 1.500 euros.

Me Behogne, qui défendait Jimmy R., a pour sa part contesté la préméditation. Selon l'avocat, l'idée de son client était de faire peur à Houssain B. qui, selon lui, le harcelait et le menaçait. "C'était lui ou moi", a d'ailleurs déclaré Jimmy G., contredit par les éléments du dossier qui ne démontrent rien de tel. Me Behogne affirme que le premier tir était un coup de semonce, mais reconnaît que le deuxième était pour tuer, "tant son client avait peur". Du bout des lèvres, l'avocat a donc plaidé l'excuse de la provocation.

Jugement le 28 janvier.