Le domaine skiable de Charleroi de nouveau à la croisée des chemins.

Ce devait être une alliance win-win pour une durée de 25 ans. Le projet a tourné à l’échec : entre le domaine de Marcinelle-en-Montagne géré par la Régie communale autonome (RCA) de Charleroi pour le compte de la ville et l’opérateur français de tourisme ULVF qui avait obtenu le marché public d’exploitation via sa filiale "Les Balcons du mont Blanc", la concession a tourné court.

En 2017, la rupture a été consommée : le partenaire affichait une perte cumulée de 600 000 euros.

Un accord a pu être trouvé pour continuer à accueillir les classes de neige pendant deux ans, un délai prolongé d’une année pour rechercher un nouveau repreneur. La prospection est en cours, selon le directeur de la RCA Antoine Tanzilli qui se trouvait ce jeudi en Savoie, près de Genève, pour rencontrer les autorités locales de Saint-Nicolas-la-Chapelle.

Le site peut-il renouer avec la rentabilité ? Pour Tanzilli, la réponse est oui, à condition de se donner l’ambition de viabiliser la concession. Ce que ULVF n’a manifestement pas fait, pour des raisons qui lui sont propres.

Si le scénario d’une reprise est privilégié, le conseil d’administration de la RCA carolo pourrait décider d’explorer d’autres pistes, à commencer par la vente du domaine de Marcinelle-en-Montagne. Selon une source politique, l’échec de ce projet en 2012 ne le met pas d’emblée hors-jeu.

Il existe par ailleurs d’autres solutions : bail emphytéotique, cession avec contrepartie, exploitation par la RCA… Seul un retour à la situation du passé, avec une gestion par la ville elle-même, est définitivement écarté.

Chaque année, le site accueille entre 1 200 et 1 300 enfants des écoles de l’entité (tous réseaux confondus) pour des classes de neige. Charleroi paie pour cela une participation de 660 000 euros par an, soit 500 euros par enfant. Aller au-delà, cela serait trop lourd à assumer politiquement, nous dit-on. La question doit être tranchée au printemps, pour démarrage de la nouvelle saison en 2021.

On le sait : Marcinelle-en-Montagne reste un sujet délicat, en particulier au PS vu qu’il s’agit d’un héritage de l’ancien bourgmestre Harmegnies…