Le collège d'experts, formés par les psychiatres Evrard, Leinstedt et le psychologue Macquet, ont exposé leurs analyses. Le docteur Evrard a rencontré l'accusée à la prison de Mons, dix jours après les faits. "Elle ne se souvenait pas des faits, elle disait que c'était un mur devant elle", se souvient l'expert qui fait un tableau plutôt névrotique que psychopathique. Il n'a décelé aucun facteur de dangerosité. Aucun trouble mental n'a été relevé chez l'accusée, responsable de ses actes.

Trois ans plus tard, Isabelle Lambert a fait l'objet d'une nouvelle expertise, alors qu'elle était libre. Sa fragilité et sa dépendance à l'alcool ont été remarquées par le psychiatre Leinstedt. "Elle ne réfutait pas les faits, mais elle ne pouvait pas expliquer son geste".

L'accusée a passé une série de tests psychologiques. Son niveau d'intelligence est dans la moyenne de la population, l'accusée est une personne assez ouverte, avec un esprit critique, assez logique, mais avec un vécu dépressif, lequel a disparu entre les tests effectués en 2015 et ceux effectués trois ans plus tard. Aucun trouble de personnalité n'est mis en évidence, au contraire de la dépendance alcoolique liée à la perte de son deuxième enfant.

Évidemment, les experts ont été interrogés sur l'amnésie dont fait était l'accusée. "Les problématiques d'amnésie sont toujours difficiles à cerner. Dans le cas présent, elle a bu de l'alcool et elle a eu des problèmes d'alcoolisme. On peut y ajouter le contexte de stress et d'angoisse de la situation", explique un psychiatre.

Le phénomène du black out est plus présent chez les femmes que chez les hommes, remarque le médecin. Il compare ce phénomène a une panne d'enregistrement au niveau de l'hippocampe, l'enregistreur du cerveau.

L'accusée a évoqué des violences dans le cadre de son couple, lors des expertises. Elle a raconté que Franck pouvait devenir violent quand il avait bu, qu'il l'avait menacé de la supprimer et de mettre fin à ses jours.

Isabelle Lambert a aussi évoqué un flash, en 2018. Elle a vu des mains qui l'étranglent dans la salle de bain.

Le 15 mai 2015, vers 20h, Franck Frissen a été mortellement frappé de deux coups de couteau, au thorax et à l'épaule, dans l'appartement d'Isabelle Lambert.