Isabelle Renaud-Muylkens a analysé les prélèvements relevés sur l'accusée et la victime le soir des faits. Franck Frissen était sous influence importante de l'alcool (1,84 gr/l) et de deux antidépresseurs. Aucun produit stupéfiant n'a été mis en évidence. Selon les calculs de l'expert, il avait bu l'équivalent d'un litre et demi de bière.

Isabelle Lambert, quant à elle, avait aussi un taux d'alcool important (1,76 gr/l) dans le sang, prélevé quatre heures après les faits. Au moment des faits, elle avait donc 2,44 gr/l de sang, estime l'expert. Des traces de médicaments, en concentration thérapeutique, ont été relevées. Isabelle Lambert pesait, au moment des faits, cinquante kilos. L'expert estime que l'accusée a bu l'équivalent de 3,3 litres de bière dans l'heure précédant les faits, alors qu'elle venait de sortir d'une cure de désintoxication à l'alcool.

L'expert a été interrogé sur l'amnésie dont fait état l'accusée. Isabelle Lambert prétend qu'elle ne se souvient pas d'avoir mortellement frappé Frank Frissen avec un couteau de boucher, à l'épaule et au thorax. Dans la littérature, le médicament pris par l'accusée (Dropéridol) peut engendrer une perte de la mémoire. Le président a toutefois remarqué que ce médicament a été administré par le SMUR après les faits. L'expert estime qu'il n'est pas impossible que cette prise de médicament engendre une amnésie, car il accentue les effets de l'alcool.

Les experts en santé mentale viendront apporter un complément d'informations à ce sujet, lors de leur audition prévue mercredi matin devant la cour.