A 20h07, les services de secours étaient avisés, par la voisine du premier étage, qu'une bagarre au couteau s'était déroulée au deuxième étage de l'immeuble numéro 64 de la rue de la Station à Lodelinsart. Isabelle Lambert, locataire du deuxième, a aussi appelé les services de secours. Cet appel a été diffusé à l'audience, lundi. On entend une femme qui dit, " je viens de planter mon copain".

Trois minutes plus tard, une équipe de la zone de police de Charleroi était sur place. Isabelle Lambert se trouvait sur le panier, pieds nus. "Elle était hystérique, couverte de sang de la tête aux pieds. Le col de son tee-shirt était arraché", a déclaré un policier devant la cour.

La jeune femme tenait des propos incohérents. Elle a été prise en charge par les médecins urgentistes et attachée à un brancard. Ses vêtements ont été saisis. Elle avait une trace de coupure entre le pouce et l'index de la main droite.

Le corps de la victime gisait dans l'appartement, entre la cuisine et la salle-à-manger, au milieu de détritus, dont des sacs remplis de déchets, notamment des canettes. Les policiers ont eu un doute sur l'identité de la victime, pas encore inscrite à cette adresse. Ils ont pu identifier Franck Frissen, né en 1971.

Le laboratoire de la police judiciaire a relevé de nombreux indices sur la scène de crime, excluant la participation d'un tiers dans cet homicide. Il y avait des traces de sang dans toutes les pièces de la maison, et des traces de pas, ceux de la victime et de la suspecte.

L'affaire a été mise à l'instruction et confiée au juge Lionel Kaëns, dont c'était la première enquête. Le juge a ordonné une série de devoirs, dont l'audition rapide d'Isabelle Lambert, toujours hospitalisée. Elle a déclaré qu'elle avait peu de souvenirs, qu'elle avait eu un trou noir, comme elle l'a répété lundi matin lors de l'instruction d'audience. Elle n'a pas le souvenir d'avoir fait couler un bain alors que la baignoire était remplie d'eau tiède, à l'arrivée des premiers policiers.

Les policiers l'ont interrogé sur les traces de coups, assez anciens, relevés sur son corps. Elle a expliqué une scène qui avait eu lieu une semaine plus tôt. Quant à sa coupure à la main, elle n'apporte aucune explication.

Renvoyée devant le juge d'instruction, Isabelle Lambert a été placée sous mandat d'arrêt dans les vingt-quatre heures. La jeune femme a alors été incarcérée à la prison de Mons. Le juge a réfléchi à différents moyens pour que l'inculpée puisse retrouver ses souvenirs, dont l'hypnose, mais rien n'a marché. Isabelle Lambert n'a gardé aucun souvenir de l'agression.

Toutefois, la téléphonie a relevé que, deux heures avant les faits, il n'y avait pas de tension au sein du couple, semble-t-il. Franck Frissen écrivant même, sous une photo d'Isabelle, qu'elle était belle. Toutefois, un quart d'heure avant les faits, Isabelle Lambert a tenté de joindre un autre homme avec lequel elle avait une relation. Quant à Franck, il échangeait des messages avec une amie. Lundi matin, l'accusé a déclaré qu'elle était très jalouse. Le couple toxique avait aussi beaucoup bu.

Franck Frissen a écrit, dans des messages envoyés à un ami en février 2015, qu'Isabelle s'était remise à boire - contrairement à lui - et qu'elle s'était montrée violente avec lui. En mai, le couple envisageait cependant d'emménager ensemble dans un autre appartement.

La cour va auditionner le médecin légiste.