"On ne choisit pas ses voisins". Le proverbe employé par Me Balsarini, conseil de Carine et Michel, résume parfaitement bien la situation dans laquelle se trouve le couple. Carine et Michel vivent depuis plusieurs années dans une cité à la rue Champs des Charbonnières à Mont-sur-Marchienne. Le couple s’entend parfaitement bien avec le voisinage… Jusqu’à l’arrivée d’Isabelle dans le quartier, en février 2017.

Au départ, l’arrivée d’Isabelle ne cause aucun souci. Au contraire, Isabelle précise même qu’elle s’intègre bien dans son nouveau quartier. "On a même fêté le Nouvel An avec le couple de voisins." Mais par la suite, Isabelle prétend que la situation a tourné au vinaigre, à cause de Carine et Michel. "Elle m’insultait pour un rien et me traitait de Moby Dick. Tout cela a commencé à cause de la taille de leur haie." Isabelle se plaint également de voyeurisme et de nuisances sonores. "Ils mettent la musique à fond et sortent leur chien à 3h du matin. Ils lancent également des bouteilles d’eau dans le jardin et jettent des coups d’œil dans notre jardin."

Tout le contraire, selon les témoins

Comme dans tous les conflits de voisinage, c’est la version de l’un contre la version de l’autre. Et dans ce contexte, c’est plutôt la version de Carine et Michel qui correspond à la réalité selon la substitute Marr. Et Isabelle est poursuivie pour harcèlement, menaces et port d’armes, en l’occurrence d’un couteau de cuisine et d’un hachoir. Pour Isabelle, il s’agissait surtout de se défendre face au comportement dangereux de ses voisins. "Le couteau de cuisine, c’était pour me protéger, car il menaçait de rentrer chez moi. Je devais protéger mon garçon de deux ans. Pour le hachoir, c’était pour la voisine d’en face pour lui couper un poulet."

Bien sûr, les policiers sont requis à plusieurs reprises dans le quartier. Quand le voisinage est interrogé, tous accablent le comportement d’Isabelle. "Ils le disent. Ils sont témoins des poursuites de la prévenue sur mon client en pleine rue. Elle le menace même de lui "trouer la panse" avec une arme en main", précise Me Balsarini, qui signale également être en possession de vidéos qui démontrent le comportement nuisible d’Isabelle.

Une peine de 12 mois de prison, avec un sursis probatoire pour permettre à Isabelle d’arrêter la consommation d’alcool, est requise. Selon la substitute Marr, il est impossible de retenir une légitime défense ou une quelconque provocation pour justifier le comportement d’Isabelle. Jugement pour le 8 décembre prochain.