Le 4 novembre dernier, à Courcelles, la zone de police des Trieux a procédé au contrôle d'un véhicule avec trois occupants à son bord : Mohamed, Yassin et Sabrina (la compagne de Mohamed, également poursuivie, mais jugée par défaut). D'emblée, l'attitude du trio interpelle les agents. "Les trois semblent sous influence, surtout les deux hommes. Mohamed titube, tandis que Yassin tient à peine debout et ne parvient pas à dire quoi que ce soit, même dans sa langue maternelle. La prévenue, elle, semble mieux réveillée", indique le parquet.

La fouille des prévenus ne donne rien, hormis les 1.565 euros découverts dans la sacoche de Mohamed. La fouille du véhicule s'avère plus fructueuse : 40g de cocaïne répartie dans 8 boulettes sont découverts sous le siège conducteur. Rapidement, Mohamed passe aux aveux et reconnaît vendre de la cocaïne depuis un an, afin, dit-il assurer sa survie alimentaire et celle de sa compagne. "Il explique ne vendre que quand ils ont besoin d'argent et avoir entre 5 et 15 clients", précise la substitute Coduys.

Pour les aveux de Yassin, par contre, on repassera. Ce dernier n'adopte pas la même attitude que son acolyte et conteste avoir vendu de la cocaïne, "à qui que ce soit. " Le parquet estime pourtant avoir suffisamment d'éléments pour confirmer son implication dans le trafic. "Il y a des photos de Yassin dans son téléphone, avec des billets. Sans compter les témoins qui ont reconnu l'avoir vu confectionner aussi des boulettes de cocaïne. L'analyse ADN confirme la présence de l'ADN de Mohamed sur les boulettes, mais aussi celui de Yassin." Sabrina a également pris des commandes par téléphone ou reçu des paiements sur son compte bancaire.

Une peine de minimum 2 ans de prison est requise contre Mohamed et dix-huit mois minimum contre Yassin et Sabrina. Mais peine ferme pour cette dernière vue son absence ce mardi après-midi devant le tribunal correctionnel. Me Mairiaux, à la défense de Mohamed, a rappelé les aveux de son client âgé de 28 ans et sollicite la plus grande clémence avec un sursis simple.

Me Marie-Cécile Deprez, pour Yassin, plaide elle un sursis pour la détention reconnue puisque Yassin admet consommer de temps en temps de la poudre blanche. Un acquittement est sollicité pour la vente. "Ce n'est pas parce qu'il y a manipulation des boulettes qu'il y a forcément eu participation à la vente. Le profil ADN majoritaire découvert sur les boulettes est celui du premier prévenu, pas celui de mon client." Jugement dans deux semaines.