Ayant appris que sa sœur fréquentait un garçon, Mouras est devenu fou.

Mouras est né en Syrie et est de confession musulmane. Selon le parquet et son propre père, le jeune homme s’est fortement radicalisé ces derniers temps. Et lorsqu’il a appris que sa frangine, encore adolescente, avait un petit ami, Mouras est entré dans une colère noire. "Il est arrivé en rage chez son papa et a menacé de ligoter sa sœur et de la jeter ensuite dans le canal", a expliqué la magistrate, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Il a précisé qu’il n’avait pas peur de la police, ni d’aller en prison. Le papa ne reconnaissait pas son fils et a bien cru qu’il allait passer à l’acte. Il a d’ailleurs déposé plainte et a recueilli sa fille chez lui pour la protéger".

Selon le Ministère public, Mouras avait déjà envoyé un SMS à sa sœur, la veille des faits. "Tu as intérêt à dire la vérité, petite cochonne", aboyait-il notamment dans ce message en fustigeant cette relation amoureuse naissante.

Présenté au juge d’instruction, le prévenu avait été relaxé sous conditions, dont celle de ne plus côtoyer la victime. "Il s’est donc retrouvé à la rue, puis a perdu son emploi puisqu’il n’avait plus de domicile", explique Me Deprez, qui sollicite un sursis probatoire total pour Mouras, avec l’obligation de suivre une formation de gestion de son impulsivité. "Il ne conteste pas avoir envoyé un message écrit menaçant, mais il affirme avoir agi pour protéger sa sœur. Il reconnait être sanguin mais prétend qu’il s’agissait de paroles en l’air."

Arrivé en cours d’audience, Mouras a tenu à donner sa version : "Je ne serais jamais passé à l’acte. De toute façon, mon père a exagéré. Je n’ai jamais menacé ma sœur de mort. Je l’aime même si aujourd’hui, je ne la vois plus. Je voulais juste qu’elle comprenne qu’elle était trop jeune pour avoir des relations sexuelles".

Selon le parquet, qui réclame deux ans de prison avec un sursis éventuel, Mouras aurait exigé de sa sœur qu’elle porte le voile. "Pas question de revivre une nouvelle affaire Sadia", a ajouté le Ministère public qui note que le prévenu avait déjà été condamné à un an de prison. Jugement le 3 mai.