La relation entre Jean-Luc et Gary peut être comparée à une relation père-fils. En difficulté avec un père décédé et une mère noyée par des problèmes psychiatriques, Gary, un jeune homme aux abois, a pu compter sur l’aide de Jean-Luc. Grâce à ce dernier, Gary a obtenu un logement, un travail et des rentrées financières. Et de l’aveu même du substitut Vervaeren, Jean-Luc est décrit par tous les Viesvillois comme un brave homme. Par contre, Gary est considéré comme un mauvais garçon.

Pourtant, ce vendredi, c’est Jean-Luc qui se retrouve dans la peau de la mauvaise personne devant le tribunal correctionnel. Il faut dire que ce dernier doit s’expliquer sur des faits graves. Le ministère public le suspecte d'une tentative de meurtre sur Gary, le 24 septembre 2017, à Pont-à-Celles. Ce jour-là, lorsque Jean-Luc se présente devant la maison louée par Gary, il se trouve en état d’ivresse avec 2,83 gr d’alcool par litre de sang. C’est même à se demander comment Jean-Luc a pu emprunter son véhicule pour venir, 100 mètres plus loin, interpeller Gary et rester debout.

Pour Gary et Alice, sa compagne et unique témoin de la scène, Jean-Luc a débarqué au domicile après avoir passé plusieurs appels. Ce dimanche-là, le sexagénaire souhaite absolument que Gary vienne terminer des travaux entamés la veille à son domicile. Gary, lui, refuse en expliquant qu’il a d’autres projets pour sa journée. Une dispute verbale se produit entre les deux hommes avant un échange de coups. Et Gary se rend finalement compte que son t-shirt est rempli de sang. Il vient de subir un coup de couteau juste à côté du cœur.

Le SMUR et la police interviennent rapidement sur place. Gary est transporté d’urgence à l’hôpital et ses jours sont en danger. Avant le transfert, Gary a eu le temps de donner le nom de son agresseur aux secouristes : Jean-Luc D. Face au tribunal, ce dernier clame son innocence. Oui, il s’est bien bagarré avec Gary mais jamais il n’a porté de coup de couteau. « Je suis certain que ce n’est pas moi. Je le jure. »

Le substitut Vervaeren s’interroge donc sur l’auteur du coup de couteau. « Qui d’autre que le prévenu aurait pu porter le coup de couteau ? » Le parquet admet toutefois avoir un doute sur l’intention d’homicide de Jean-Luc au moment des faits. « Il n’a porté qu’un seul coup de couteau et il était ivre. » Une peine de 30 mois de prison et une requalification des faits en coups et blessures volontaires sont requises contre Jean-Luc. Vu l’absence d’antécédent judiciaire de Jean-Luc, un sursis simple peut lui être octroyé.

Jugement pour le 26 février prochain.