Il y a deux semaines, Jean-Pierre s’était présenté au tribunal correctionnel, menottes aux mains. Si les parties civiles présentes à l’audience espéraient avoir des mots d’explications sur le comportement déviant de leur père, ce ne fut pas le cas. Probablement rempli de honte, Jean-Pierre s’était montré peu bavard, sans réellement s’épancher sur les faits gravissimes qui lui étaient reprochés sur sa fille, dorénavant majeure.

Alice n’avait que 7 ans lorsque son calvaire a débuté en 2009 dans la maison familiale de Pironchamps (Farciennes). Dès qu’il en avait l’occasion, Jean-Pierre la tripotait, la caressait et la violait. Le père de famille commettait le pire dès que son épouse s’absentait du domicile. Durant 11 ans, Alice a été victime de sévices sexuels, la traumatisant à jamais.

Jean-Pierre allait encore plus loin en "marchandant" du sexe contre l’utilisation d’une Lupo pour qu’Alice apprenne à conduire ou pour le téléchargement de la célèbre application TikTok. Cette dernière finissait par dénoncer ces faits horribles à la police en 2020, en compagnie de son papa pour, au départ, confier des agissements suspects d’un ami de la famille. "Elle a dit qu’elle était amoureuse de cet ami et qu’elle voulait partir avec lui pour quitter la maison. C’est en évoquant la vie familiale qu’elle a finalement dénoncé son papa", signalait le parquet.

Jean-Pierre a également été condamné pour avoir détenu de nombreuses photos de la poitrine et du sexe de sa fille et pour avoir frappé Alice et ses deux frères, "à chaque bêtise". Au départ, le parquet avait souhaité que Jean-Pierre écope d’une peine de minimum dix ans de prison ferme… Selon une expertise, le risque que ce dernier récidive est "moyen".