C’est la tête basse et menotté que Jonathan, 28 ans, se présente devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Ce dernier est censé rester derrière les barreaux de sa cellule jusqu’en 2027, à cause principalement de condamnations pour des faits de roulage.

À lire le casier judiciaire de Jonathan, on constate que, depuis 2010, Jonathan collectionne les condamnations devant le tribunal de police pour défaut d’assurance, de permis de conduire, etc. Et il faut remonter à 2007, lorsque Jonathan était encore mineur, pour mettre la main sur sa première condamnation correctionnelle pour des faits de mœurs. Depuis cette première fois devant le tribunal correctionnel, Jonathan a été condamné pour des coups et blessures, pour des vols avec violence et pour des coups sur un agent de la SNCB.

C’est à cause de ce parcours judiciaire pour le moins chaotique que Jonathan doit rester en prison jusqu’en 2027. Et peut-être plus, si Jonathan est de nouveau condamné le 22 février prochain. Poursuivi pour une entrave méchante à la circulation et un harcèlement, Jonathan ne conteste pas et admet même avoir "honte de ce qu’il a commis". Car le 7 janvier 2020, à Farciennes, Jonathan a obligé un motard de la police à le prendre en chasse. Le jeune homme, au volant de son Opel, avait préalablement refusé de se soumettre à un contrôle. "Le véhicule était vieux et considéré comme suspect puisqu’on se demandait comment il pouvait encore rouler", explique la substitute Dutrifoy. Après avoir fait mine de vouloir s’arrêter, Jonathan a accéléré avant de freiner brusquement. Le policier sur sa moto est surpris et ne peut éviter la collision.

Jonathan finira par être identifié après avoir abandonné son véhicule avec son fils et un passager à l’intérieur pour prendre la fuite à pied. "Il a perdu sa veste, sa carte d’identité et sa carte de banque sur de son chemin de fuite." Présent à l’audience, le policier victime de la collision n’accepte pas les excuses de Jonathan. Ce dernier est également en aveux d’avoir harcelé Frédéric via plusieurs messages et plusieurs appels, à cause d’un véhicule prêté. "L’ami est tombé en panne à Mons et ne pouvait ramener le véhicule au prévenu. Alors ce dernier l’a menacé même devant des policiers lors de l’audition de la victime."

S’il avait répondu aux convocations du parquet, Jonathan aurait pu échapper à la comparution devant le tribunal correctionnel. "On lui avait proposé une peine de travail de 30 heures, mais il n’a jamais répondu", précise la substitute Dutrifoy. Compte tenu de son solide casier judiciaire, une peine de 18 mois de prison ferme est requise contre Jonathan. Jugement le 22 février prochain.