La fermeture des magasins dits "non-essentiels" complique le quotidien de bien des personnes. Si les volets des magasins de vêtements et d'électroménagers sont baissés, il en est de même pour le magasin de seconde-main de la Ressourcerie du Val de Sambre à Charleroi. Alors que l'ensemble des activités de récolte chez les particuliers se poursuit avec des aménagements destinés à protéger le public et les travailleurs, la chaîne de la revalorisation est coupée au niveau de la revente des objets reconditionnés.

Situé à l'Avenue de Philippeville, "Transform", l'espace commercial de seconde-main géré par le CPAS n'est plus accessible or sa nécessité est presque d'intérêt public. En effet, la crise sanitaire a durement touché des personnes déjà fragilisées ne pouvant se meubler ou se fournir en électroménager dans des commerces traditionnels ou en ligne. Non seulement le côté financier reste le premier obstacle à l'acquisition d'un bien mais l'absence de matériel informatique ou la méconnaissance de l'utilisation de ce matériel constitue également un obstacle de taille.

L'équipe carolo en charge du commerce s'est réunie afin de trouver le moyen de permettre à des personnes défavorisées de pouvoir tout de même avoir accès aux articles mis en vente. « Nous devons répondre à la demande des clients qui n'ont pas d'autres choix que se fournir chez nous. Dès la semaine prochaine nous allons nous aussi utiliser les réseaux sociaux afin de présenter les articles disponibles comme un catalogue. Etant donné que nous dépendons du CPAS nous ne pouvons pas commencer à ouvrir un magasin en ligne mais via notre Facebook il est déjà possible de se rendre compte de ce que nous proposons, » nous explique-t-on sur place.

Transfom n'est pas qu'un magasin c' est une OISP (Organisme d'insertion socioprofessionnelle). il existe deux filières au sein de l'organisme. La première concerne tout ce qui est réparation d'appareils électroménagers (machine à laver, séchoir et lave-vaisselle). Cette filière permet de recycler et de remettre en vente quelque 800 machines à laver par an. La deuxième filière concerne l'ensemble des activités de recyclage de meuble et de l' "upcycling".

Pratiquement, il est prévu que les personnes, après fait une réservation sur Internet, viennent acheter un objet sur rendez-vous. Une heure est également fixée. Une fois sur place, l'objet est amené à la personne qui l'inspecte et l'emporte. Les contacts sont ainsi fortement diminués.

Si rien n'assure le succès de l'opération, le personnel ne doute pas de son utilité. "A la fin du premier confinement nous avons vu une hausse importante de la fréquentation, certes il y avait des habitués mais aussi de nouveaux clients pas nécessairement dans la précarité. Bien entendu il y a aussi les chineurs."

De la récolte à la revente tout le circuit semble s'être adapté. Pour Anne-Sophie Canart responsable à la Ressourcerie du Val de Sambre, les récoltes à domicile n'ont pas trop souffert de la crise. "Même avec un mois sans activité nous avons réaliser une année semblable à l'année dernière. Nous comptons récolter 2.000 tonnes d'objets. Nous avons repris les ramassages suivant de nouvelles procédures. Par exemple, nous ne rentrons plus dans les maisons. La personne dépose devant sa maison ou dans un garage. Afin d'éviter que les meubles et autres ne restent trop longtemps dehors nous avertissons la personne un peu avant notre passage pour lui laisser le temps de se préparer. Dans les camions de récoltes il n'y a plus que deux personnes à la place de trois."

La vente étant une des finalités du projet social, il a également fallu revoir le mode de fonctionnement notamment en ce qui concerne la présence des stagiaires entretenant les appareils électroménagers ou restaurant les meubles. Ceux qui sont en contrat poursuivent leurs activités et les prochains stagiaires entreront quand la situation sanitaire le permettra.

Chaque année, le projet lié au pôle d'économie social du CPAS implique entre 85 et 100 personnes par an en cela compris le personnel, les stagiaires et les personnes sous contrat "article 60".

De la récolte à la vente, les responsables des différents services parlent d'une seule voix pour dire que le succès est grandissant et que l'appel à la Ressourcerie et les achats d'objets entrent gentiment dans les mœurs des carolos qu'ils soient en situation de précarité ou pas.

Contacts et informations : 071/47.57.57 ou transform@cpascharleroi.be