Un seul prévenu comparaît pour la ratonnade infligée à Michel et qui lui a valu 18 mois de coma.

Depuis 2009, Michel est cloué dans un lit et y restera toute sa vie. Ce Carolo de 30 ans avait pourtant tout pour lui : amateur de football, il travaillait et aimait les sorties entre copains.

Cette nuit-là, lorsque Geoffrey l’a appelé vers 3 heures du matin pour aller boire un verre au Lounge Bar de Jumet, il ne se doutait pas qu’un comité d’accueil l’attendait. Considéré comme une balance dans le milieu, Michel a été traîné dehors par cette bande de 7 ou 8 individus et passé à tabac. "Ils lui ont donné des coups de poing et de pied dans la tête. Ils lui ont arraché ses vêtements et l’ont fouetté avec sa ceinture. Ils l’ont abandonné sur le trottoir, ensanglanté et tuméfié. Les secouristes ont estimé à ce moment qu’il était en état de mort cérébrale", a expliqué Me Nicaise, l’administratrice des intérêts de la victime qui s’est constituée partie civile devant le tribunal correctionnel de Charleroi. "Michel a survécu mais à quel prix ! Il est resté 18 mois dans le coma et est aujourd’hui tétraplégique. Il ne se souvient de rien et agit désormais comme un enfant. Ses parents l’ont recueilli chez eux. Mais ils vivent dans un bel-étage et son papa doit le transporter sur son dos dans l’escalier en colimaçon. Pour eux, c’est un enfer."

L’enquête n’a pas permis d’intercepter l’ensemble des auteurs et seul Geoffrey devait répondre des faits devant le tribunal. Et ses déclarations sont pour le moins confuses : "Oui, j’étais là, je lui ai donné un seul coup de pied au derrière", a-t-il lancé lors d’une audition avant de se rétracter et d’affirmer qu’il n’avait rien fait.

Ces tergiversations ne sont pas innocentes : il semble en effet démontré que Geoffrey fait l’objet de menaces de la part de ses complices présumés.

En 2011, sa maison a d’ailleurs été incendiée et il a lui aussi subi une ratonnade. "Je serai bientôt papa. Je préfère aller en prison plutôt qu’on fasse du mal à ma famille", a-t-il précisé au juge.

Son avocat, Me Ureel, a d’ailleurs plaidé l’acquittement au bénéfice du doute. Selon l’avocat, la version de son client n’est pas moins crédible qu’une autre. "Mais pourquoi tout endosser alors qu’il aurait pu dire qu’il n’avait rien fait et qu’il ne savait rien. C’était le même résultat pour ceux qui le menacent", s’est interrogé le tribunal.

Pour le parquet, la réponse est claire : Geoffrey a été chargé d’amener Michel sur place et a lui aussi participé au tabassage, comme en témoigne le sang trouvé sur son pantalon.

Bref, c’est une peine de 8 ans de prison ferme qu’a demandé le substitut Clausse. Assis dans la salle, le papa de Michel n’aura pas eu les réponses qu’il attendait. Sa vie et celle de son fils sont de toute façon gâchées.