C'est l'air défait qu'il a été introduit dans la salle d'audience du tribunal correctionnel de Charleroi: Karim, 25 ans, est emprisonné depuis deux mois et demi.

On lui reproche la détention et la vente de cocaïne et d'héroïne entre mars et avril 2021. Via un interprète fourni par la tribunal, il reconnaît et demande pardon.

Le procureur revient sur le dossier: le 13 avril, la police observe un drôle de manège au pied d'un immeuble de Marchienne, rue Chapelle Beaussart. Ils suivent un client présumé et l'interceptent. Ce dernier explique qu'il vient d'acheter de la cocaïne à un individu, un certain Karim. Une semaine plus tard, le jeune algérien est arrêté et une perquisition à son domicile permet de saisir des boulettes d'héroïne, de la coke, des documents d'identité quelconque, de l'argent en liquide et un téléphone. 

S'il a nié au début, confronté aux preuves téléphoniques, aux observations des policiers et à des témoignages de clients, il finit par admettre. Il est en Belgique depuis 3 mois, il dort chez un ami, et il deale. 

Pour la défense, cependant, l'histoire de Karim n'est pas aussi habituelle qu'on peut le penser. "Il est arrivé en Belgique il y a un certain temps, il a une petite amie italienne et il avait un travail au noir dans le jardinage. Sauf qu'avec la crise sanitaire, il a perdu sa seule source de revenus et s'est tourné vers la vente de drogue", explique l'avocat. C'est pourtant une rengaine qu'on a déjà entendu à de maintes reprises, mais soit. "Je demande donc le sursis pour ce qui dépasse la préventive."

Jugement le 8 juillet.