La maison d’édition carolo (Loverval) veut se lancer sur de nouveaux créneaux, mais sans faire d’ombre à ses partenaires québécois.


Les éditions Kennes, à la base, c’est un principe simple : éditer en Europe des succès et coups de cœur québécois, en BD et en romans. "Et une des craintes de nos partenaires du Québec, c’est que j’ai des auteurs à moi à côté des auteurs québécois : ils ont déjà eu le coup trop souvent, quand des Européens font presque des copier-coller de ce qui marche là-bas sans les créditer", explique Dimitri Kennes, le fondateur. "Je ne voulais donc pas être primo éditeur (publier le premier ouvrage d’un nouvel auteur, NdlR). Mais on a fait nos propres BD maisons, parce que ça ne les concurrençait pas, et on s’est fait voir comme une maison d’édition crédible pour les auteurs belges… du coup, on a eu des gens qui sont venus nous voir pour nous proposer des choses."

C’est le cas du bouquin de Didier Albin et Jean-Jacques Cloquet, Grandir et faire grandir. "On s’est dit : super, on ne concurrence pas parce que c’est de la non-fiction. On a d’ailleurs embauché Géraldine Henry, ancienne de la Renaissance du Livre, pour nous positionner sur la non-fiction belge. Ce n’est pas du roman, donc aucun souci avec nos partenaires du Québec."

Puis est arrivé Vengeances et Mat, de Ben Choquet. Là, c’est du thriller, du polar, de la fiction. Et les Québécois le font déjà. "Mais on s’est dit : c’est un auteur carolo qui écrit une fiction qui se passe à Charleroi. Aucune concurrence pour nos partenaires, du coup, et c’est l’occasion de promouvoir notre région et d’affirmer notre ancrage carolo. Tout comme les Québécois sont fiers du Québec, finalement. Et ça rentre, en fait, très bien dans ce que je veux développer chez Kennes : j’aimerais d’ailleurs progressivement créer un rayon d’auteurs carolos, qui ont la volonté de mettre notre région en avant. C’est un petit créneau mais il y a de la place, je pense. Et vu que 80 % de notre chiffre d’affaires se fait en France et à l’étranger, c’est une occasion parfaite pour des auteurs carolos de percer hors de la région. Et tant que je reste sur cette belgitude, je n’empiète pas sur mes partenaires québécois, auxquels je suis très attaché."