Au Brussel South Charleroi Airport (BSCA), l’ouverture du chantier d’allongement de la piste a fait apparaître la présence dans le sous-sol d’une masse de déchets beaucoup plus importante qu’annoncé.


C’est ce que vient de confirmer le ministre des Aéroports Jean-Luc Crucke (MR) en réponse à la question écrite du député Ecolo de Charleroi Christophe Clersy. "Dans le cadre des études préalables, l’INISMA (entreprise d’essais, d’études et de conseils pour les acteurs de la construction) avait réalisé des sondages afin d’établir le cubage de terres à assainir", indique-t-il. "En août, il est apparu que le volume de l’ancienne décharge Rousseaux était plus de deux fois supérieur aux calculs estimatifs, soit quelque 130 000 mètres cubes au lieu de 60 000."

La bonne nouvelle, c’est que cette situation ne pénalisera pas trop le projet, du moins la durée de son exécution. Si le ministre n’exclut pas un faible retard, l’échéance restera globalement identique : les travaux doivent se terminer dans le second semestre 2021.

En revanche, on ne dispose encore à ce stade d’aucune indication sur l’impact financier. Cet impact sera chiffré dans le premier trimestre de 2020. Actuellement, le budget prévu par la Sowaer (Société wallonne des aéroports) pour l’allongement de la piste à 3 200 mètres est de 35,7 millions d’euros HTVA. "Suivant le marché de base, les matériaux "inertes" supérieurs à un diamètre de 80 mm (pierres, blocs béton, bordures…) devaient être transportés en centre de traitement", rappelle ainsi Jean-Luc Crucke (MR).

Or, entre les estimations de départ et leur évolution, le volume a quadruplé, il est passé de 7 500 à 30 000 mètres cubes. "Dans un souci d’efficience, la Sowaer a décidé de faire concasser les matériaux sur le chantier et de les réutiliser moyennant un suivi environnemental strict." Cette modification aura pour effet de limiter les surcoûts, avec un bilan environnemental positif.

L’évacuation des inertes aurait engendré un charroi considérable : grâce au concassage des inertes, ce sont près de 3 000 camions qui ne circuleront pas sur les routes.

© van Kasteel