On voulait prendre des nouvelles de ce personnel soignant qui est applaudi tous les soirs à 20 h. 

On a donc appelé les principaux hôpitaux de Charleroi, à savoir le CHU (ISPPC), le GHdC et la clinque Notre-Dame de Grâce. Seule cette dernière n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pour les autres, l’ambiance est "assez bonne" pour l’instant. "Côté moral, c’est difficile mais les gens savent qu’on a besoin d’eux, ils sont mobilisés" , note le directeur de la communication de l’ISPPC Frédéric Dubois. Même écho, à peu près, chez Marie Ludwigs du GHdC, qui parle d’une ambiance "plutôt bonne, on a beaucoup de soutien de l’extérieur, ça aide" .

Par contre, on se prépare - aussi bien mentalement que matériellement - pour la vague de cas qui risque fort d’arriver dans les prochains jours. Le pic de la pandémie est annoncé fin de semaine, ou durant le week-end prochain. "On n’est pas du tout submergé pour l’instant , explique-t-on au CHU de Charleroi. Il y a 40 places aux soins intensifs à Marie Curie et 9 à Vésale, et on peut en libérer davantage. Nous avons pour l’instant 50 respirateurs, et on en attend quelques autres, notamment de la Province."

Pas de panique, donc, mais quelques inquiétudes pour cet avenir incertain, qui risque de frapper la Belgique comme l’Italie l’a été. Durement. "On a tout de même mis en place une cellule psychologique pour notre personnel , ajoute l’ISPPC. Nos psychologues peuvent apporter un soutien moral au personnel, ce qu’on craint c’est qu’il y ait du personnel qui doive soigner d’anciens collègues, ou des amis, voire faire des choix difficiles même si on espère ne pas en arriver là."

Au GHdC, on traitait lundi matin 15 patients infectés, dont deux aux soins intensifs. Au niveau belge, 2/3 des lits à peu près étaient encore disponibles lundi. "S’il n’y a pas de respect du confinement, il va y avoir de plus en plus de cas" , confirme Frédéric Dubois. "Déjà comme ça, on s’attend à une montée en puissance dans les prochains jours." Marie Ludwigs renchérit : "Nos équipes se préparent, on augmente les capacités d’hospitalisation aux soins intensifs, en cas de besoin."

Pour ce qui est du matériel, c’est déjà plus compliqué : une commande de masques FPP2 est en cours au CHU, en plus de celle du fédéral. En espérant que ça ne soit pas une énième arnaque. "Des solutions alternatives sont aussi étudiées, comme des blouses étanches de cycliste qui nous ont été fournies par Décathlon, ou de quoi adapter des masques de plongée pour les brancher sur nos respirateurs…" Courage.