Le propriétaire privé du bien est chargé de le remettre en ordre mais cela traîne.

Construit en 1937, l’imposant ensemble immobilier de l’Amicale Solvay dépérit à vue d’œil. C’est en vain que l’on chercherait une vitre encore intacte aux fenêtres de ce paquebot immobilier, à la sortie de Couillet. À l’état pitoyable du bâtiment classé s’ajoute la présence d’un dépotoir à ciel ouvert.

Dans une question écrite, l’ex échevin du Tourisme Anthony Dufrane (PS) s’inquiète de la dégradation du bien. Et interroge la ville sur sa capacité d’action.

Primo, il faut savoir que le complexe échappe à la taxe communale sur les immeubles inoccupés, étant considéré comme un site d’activité économique désaffecté. Ce qui relève de la compétence régionale.

Secundo, la présence d’un dépôt sauvage d’encombrants et de déchets est connue du service SOS Propreté depuis novembre 2014, selon l’échevin Cyprien Devilers (MR) en charge de la propreté. "Le propriétaire (NdlR : l’ASBL Centre Islamique Européen pour la Culture et le Dialogue, CIECD) en a été informé par le biais de son avocat. Un compte rendu administratif a été établi, force est de constater qu’aucune remise en ordre n’a été opérée malgré les mises en demeure. Le dossier a été inscrit dans la liste des mesures d’office, c’est-à-dire décrétées sur ordre du bourgmestre, pour lesquelles un marché public doit être attribué." L’évacuation des déchets sera préfinancée par la commune mais portée à charge du propriétaire.

Quant à l’état du bien, une fiche sanitaire a été établie, elle identifie les travaux urgents à mener. Elle n’est contraignante et dans le dispositif actuel du droit wallon du Patrimoine, elle est actualisée tous les 5 ans.

Au parlement régional, la députée Véronique Salvi (CDH) est intervenue pour réclamer un renforcement du dispositif qui permet aux pouvoirs locaux, en l’occurrence les communes et provinces, de se substituer aux propriétaires défaillants pour sauvegarder les monuments en péril. Ce qui peut aller jusqu’à l’expropriation pour cause d’utilité publique.

Actuellement, la procédure est longue : il faut une décennie pour pouvoir prendre des actions concrètes de protection. Dix ans quand un bâtiment est dans le même état que l’amicale Solvay, cela équivaut à le vouer à la démolition. Salvi estime qu’il faut raccourcir le délai et mieux responsabiliser les propriétaires de bâtiments classés à leurs responsabilités. On attend à présent du concret dans les propositions de réforme.