Anthony Dufrane (PS) interpelle à ce sujet l’échevine MR de l’Urbanisme.

Une montagne de déchets stockée illégalement entre Montignies-sur-Sambre et Couillet : c’est sur l’ancien site de Solvay que ça se passe. Et ça ne date pas d’hier.

Dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal de Charleroi, Anthony Dufrane (PS) interpelle à ce sujet l’échevine MR de l’Urbanisme en charge des permis d’environnement. L’entreprise Bebam (groupe Decock) ne respecte pas les conditions des autorisations qui lui ont été octroyées pour l’exploitation d’une usine à béton.

En 2011 déjà, il apparaissait qu’elle détenait un volume de déchets recyclables (terres, gravats, etc) dix fois supérieur à la limite de son permis. Interpellé à l’époque par l’écologiste Xavier Desgain, l’échevin Eric Massin, qui exerçait alors la compétence, indiquait avoir rappelé l’exploitant à l’ordre.

Deux ans plus tard, toujours aucun changement à la lumière d’une nouvelle question du conseiller cdH Albert Frère à l’échevin de l’Environnement Cyprien Devilers (MR). En dépit des mises en garde et injonctions de régulariser, Bebam a continué à stocker impunément des quantités de déchets excessives. De la taille d’un terril, elles atteindraient le volume de 250.000 tonnes alors que le plafond est de 25.000.

Au parlement wallon, Dufrane a interrogé le ministre de tutelle Carlo Di Antonio (cdH) qui lui a indiqué qu’aucune plainte n’avait jamais été déposée à l’administration. Pourquoi la ville n’a-t-elle pas informé le département de la police et des contrôles (DPC) de la Région wallonne de l’existence de cette infraction grave ? Pourquoi a-t-il fallu qu’un riverain saisisse lui-même le DPC en août dernier ? En coulisses, on indique qu’un sous-effectif au service "permis d’environnement" de la ville de Charleroi explique ce dysfonctionnement : sept agents y sont occupés, alors que le cadre en prévoit 11. "Même si la mission légale d’octroi des permis est pleinement respectée, j’ai demandé à l’administration de se montrer attentive à ce déficit", explique Ornella Cencig (MR). Pour ce qui est de son action, l’échevine estime n’avoir rien à se reprocher : "Nous avons écrit à l’exploitant à trois reprises en août, septembre et décembre dernier avec copie au DPC et au parquet de Charleroi", indique-t-elle. "Un PV d’infraction a été dressé, une plainte est entre les mains du procureur du Roi."

Indépendamment de la suite judiciaire qui pourrait être donnée au pénal, il appartient à présent au bourgmestre de prendre un arrêté de fermeture si la remise en conformité n’intervient pas dans les délais. Au cabinet de Paul Magnette, on attend un rapport détaillé et complet pour agir.