Ce fut un dossier emblématique de la tripartite, pendant l’année qui se termine. Il s’agissait de réglementer la mendicité, "à défaut d’endiguer la pauvreté", ont dit et répété ses opposants. Solution du moindre mal, argumentera-t-on, avec un objectif avoué : ne plus laisser aux seules rues du centre-ville le monopole, malaisé à assumer il est vrai, de l’image de la mendicité.

Ces mancheurs installés dans les rues les plus passantes, il importait, a décidé la majorité, de les amener à se décentraliser, à aller aussi mendier dans d’autres communes de l’entité.

Pas toutes les communes, sans doute, parce qu’il en est où il aurait été ironiquement vain, sinon cynique, de les pousser à s’installer temporairement : des communes plus pauvres en commerces et donc en lieux de passage ne s’imposaient pas, à l’évidence.

On a donc décidé d’organiser une tournante : un jour à Charleroi, un autre à Mont-sur-Marchienne, un autre ailleurs. L’idée a suscité un tollé, principalement soutenu parce qu’elle ne résolvait rien et que déplacer un problème n’autorise pas à le gommer. Sur le principe du "il en faut pour tout le monde", on y a donc proposé le règlement, mais en n’ayant visiblement pas assez consulté au préalable.

La FGTB est montée aux créneaux, elle qui trouve dans la situation sociale en général, et celle de Charleroi en particulier, l’occasion de répéter ses distances avec le PS. De nouveaux échanges, donc, et de nouveaux débats avec des associations de terrain, ont abouti à des avancées, qu’a soulignées la FGTB.

Mais le principe reste identique : plus question, désormais, de laisser les mancheurs se cantonner à l’intra-ring. On a un peu rapidement escamoté les aspects difficilement applicables de la mesure : ainsi, du déplacement imposé aux mancheurs par ce règlement, de commune en commune. Ainsi, de la surveillance et du contrôle que ce même règlement prévoit.

Comment l’opérer ? Comment concrétiser une sanction pouvant aller jusqu’à la confiscation de la "recette", au prix d’un parcours judiciaire qui prévoirait aussi la restitution en finale ? Chacun sait que la police a assez de loisirs et la Justice assez de temps libre pour s’occuper de telles applications.

À l’automne , la mesure est entrée en vigueur. En un semi-bilan qui ne dit pas grand-chose, on a avancé que son application, teintée de compréhension, n’avait pas suscité de gros problème.

Il est vrai que dès l’instant où on considère que voter un règlement suffit à le faire exister, cela peut s’entendre comme un bilan positif…