C'est un cri de détresse de plus du monde du spectacle et de la scène que nous vous relayons aujourd'hui. La Ruche Théâtre, qui a reçu le titre "Royal" début 2020, existe depuis plus de 100 ans. Mais cette année pourrait bien sonner son glas. "Les théâtres peu subsidiés, comme La Ruche Théâtre Royal, ne sont viables que par les recettes de leur billetterie. Ils se meurent peu à peu dans l’indifférence : pas d’aides des pouvoirs publics en vue, pas de date de reprise en perspective, aucun agenda possible pour le futur…" note Eladia Cerrato Sanchez, la directrice.

La Ruche Théâtre reçoit un peu plus de 30.000€ de subsides par an. Mais avec un bâtiment de deux salles en gradins (300 et 91 places), un bar-spectacle de 120 places et un restaurant, et avec deux travailleurs (la directrice et le régisseur), et l'impossibilité de faire rentrer de l'argent dans les caisses, les factures s'empilent.

"La première vague, celle qu’on peut gérer"

"Lors de la première vague, nous avions reçu une aide de la Ville de Charleroi, de la Fédération Wallonie Bruxelles, et de la plateforme Divertiscènes. La reprise de début septembre s’était faite, vaille que vaille, avec des conditions restrictives sanitaires. Ainsi : nous avions dû repenser les spectacles et les jouer en petite salle, les mesures de distanciation avaient encore réduit les jauges de ces petites salles d’un bon tiers et à partir du 20 octobre, nous n’avions plus pu ouvrir le bar à l’entracte et avions dû adapter les horaires au couvre-feu Ces conditions difficiles nous avaient permis de donner pourtant 12 représentations. Aucun cas de contagion ne nous avait été signalé", ajoute Eladia Cerrato Sanchez.

Mais le jeu n'est plus le même pour la seconde vague.

"La deuxième vague, celle qui tue"

Depuis le 24 octobre, la Ruche Théâtre a dû fermer nos portes. "Ceci implique, jusqu’au 31 décembre : 21 représentations annulées, plus de 15 cours annulés (comédie musicale, théâtre, acting, impro) et l'impossibilité de répéter les futurs spectacles", regrette la directrice. "Nos principaux revenus proviennent de la billetterie et du bar. Nous louons également nos salles pour des cours, des spectacles, des évènements. A cause de la deuxième vague, nous accuserons d’ici fin décembre plus de 42.000€ de pertes!"

Sans une reprise, une aide, l'établissement culturel va droit dans le mur. "La Ruche Théâtre Royal doit-elle mourir, après 100 ans de vie culturelle et associative aussi riche?"