À travers leur projet dénommé "Carbonifère", Sébastien Lacomblez (ancien collaborateur de Charleroi Bouwmeester) et Thomas Delin réinventent l’art du jardin. Du micro-espace d’un mètre carré au parc paysager de plusieurs hectares, les associés s’efforcent d’harmoniser agrément et biodiversité en tenant compte de fonctions utilitaires.

Leur projet est né voici un an et demi de la rencontre de leurs expertises professionnelles et de leurs passions : artiste designer, Sébastien collectionnait les plantes en particulier les espèces adaptées à l’ombre et les fruitiers. Entrepreneur de jardin, Thomas était mordu d’art et de design de l’époque contemporaine. Leur complicité a nourri une envie commune de se mettre au service de la nature, tant en milieu urbain que rural. Comment ? En concevant et en aménageant de véritables compositions vivantes étudiées pour évoluer au rythme des saisons.

© Delhaye

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"Nous avons commencé par un petit espace de 10 mètres sur dix dominé par une sculpture" , explique Sébastien. "Nous avons reconnecté cette œuvre à son environnement végétal. Sur le plateau du centre E6K/A6K de l’ancien complexe de tri postal à côté de la gare du sud, nous avons intégré des bacs de fleurs et de plantes d’intérieur, pour offrir une expérience apaisante aux usagers. Actuellement, nous travaillons à la création d’un jardin pour un restaurant étoilé : nous allons y planter un verger atypique avec des arbres fruitiers méconnus de nos latitudes comme l’ asiminier trilobé originaire de l’Amérique du Nord, qui donne des fruits oblongs dont la chair rappelle la texture de la mangue avec des saveurs de banane. Nous avons prévu de semer des fleurs comestibles, intéressantes pour la décoration et le goût. Enfin, une attention particulière sera accordée à la qualité du cadre, pour rendre le lieu plaisant."

Leur bureau d’études dont le nom évoque une ère géologique avec un clin d’œil aux ressources houillères de Charleroi veut contribuer à la préservation de la biodiversité aussi bien dans les sites privés que publics, en ce compris les anciennes friches et les terrils. "L’objectif, c’est remettre en perspective le végétal dans nos environnements, en tirant parti du design et de l’art" , commente Sébastien Lacomblez. "Dans ce cadre, nous évitons de recourir à des plantations complexes en les intégrant dans des sols adaptés. On va choisir des variétés propices aux terrains pauvres ou riches, l’objectif étant de limiter l’entretien."

© Carbonifère