Antonio s’était offert un beau cadeau pour ses 50 ans : une Audi Q7 4 x 4 rutilante et très onéreuse. Alors, quand son entreprise lui a signifié qu’elle se séparerait bientôt de lui, le Carolo s’est mis à paniquer. Comment rembourser les lourdes mensualités de son carrosse ? "Je ne pensais pas que je pourrais agir comme cela un jour", a expliqué Antonio devant le tribunal correctionnel de Charleroi, où il répondait de faux et d’escroquerie à l’assurance. "On m’a proposé une combine, que j’ai acceptée."

Et voilà donc le quinquagénaire embourbé dans une fausse déclaration de vol de son Audi Q7 qui, pendant ce temps-là, prenait la direction du Maroc pour être revendue par sa fille, Caterina, et son beau-fils, Seaf. "On a fait ça pour sauver papa", raconte la jeune femme, qui a longtemps nié les faits pour protéger son père et son fiancé.

Après deux mois de recherches au Maroc, Seaf a fini par trouver un acheteur en Mauritanie, le pays voisin. Vingt mille euros, c’est tout ce qu’il aura pu tirer du véhicule de luxe. Pas vraiment une bonne affaire.

"Ils ont toutefois pensé à ramener la clé, afin de la rendre à l’assurance et de donner ainsi une version crédible du vol", poursuit la substitute Gabriel. "Je ne m’oppose pas à une mesure de faveur pour Antonio et sa fille, mais je réclame une peine suffisante pour le beau-fils, qui a agi alors qu’il venait d’être condamné à quatre ans de prison avec sursis probatoire pour un trafic de stupéfiants."

Me Mayence, qui défendait Antonio et sa fille, a réclamé lui aussi cette suspension, rappelant que Caterina était bardée de diplômes et que son bel avenir serait compromis en cas de condamnation. Seaf, lui, a sollicité une peine de travail. Quant à la Q7, elle semble avoir disparu définitivement dans la nature…