Entre l'auteur carolo Lapuss et les éditions Kennes de Loverval, ça semble être le coup de foudre. En quelques mois, trois sorties se sont enchaînées : Space Wars (tome 3), Squish Game et Vieilles Crapules.

On s'est entretenu avec le scénariste, qui cosigne ces bandes dessinées avec ses potes Baba au dessin et Tartuff à la couleur pour les formats humoristiques et parodique Space Wars et Squish Game, et Julien Flamand pour Vieilles Crapules, grinçant, et original cette fois.

Space Wars

Quels films couvre le troisième tome de Space Wars?

"Ce sont des épisodes VII, VIII et IX"

Est-ce qu'il y aura encore une suite?

"Non, c'est le dernier de cette série. Comme ça on couvre les trois trilogies en trois tomes."

Les hors-série, ça t'intéresse?

"Couvrir la série The Mandalorian n'est pas écarté, j'y pense, mais rien n'est encore concret. Ca va forcément dépendre des ventes de Space Wars, mais ça ne me déplairait pas de me pencher sur Obi Wan ou le Mandaloréen dans le futur."

Squish Game

C'est le même principe de création que Space Wars: regarder la télé et imaginer des gags en même temps?

"Oui presque, c'est le même principe de collection parodique, mais en format BD classique, contrairement à Space Wars qui est un format plus petit. Dès qu'on a vu le succès de la série, qui a cartonné et que j'ai personnellement adoré, on s'est lancé. Et ça a été très vite, puisqu'il n'a fallu que 3 mois. C'est très, très court. Ce qui change au niveau créatif, c'est que pour Star Wars j'ai quarante ans de bagage, ici j'ai dû regarder la série trois fois de suite. Ce qui est intéressant, c'est qu'au plus on la regarde, au plus elle est drôle. La dernière fois, j'étais presque mort de rire avec l'espèce de décalage qu'il y a dans cette série."

C'est pour quel public?

"C'est plutôt pour des ados ou des adultes, mais bizarrement ça rencontre un succès chez les enfants. A Angoulême, j'ai rencontré quasiment que des enfants et j'ai passé mon temps à les mettre en garde contre le contenu, mais voilà. Il y a des meurtres, des blagues un peu sexuelles... ça n'a pas l'air de gêner les parents. Ca s'adresse évidemment en priorité à ceux qui ont aimé ou détesté la série, mais qui l'ont vu. Fondamentalement, ceux qui ont aimé vont se dire : ah oui il y a des éléments marrants, et ceux qui n'ont pas aimé vont trouver à rire, c'est une façon de se délester aussi." 

© Lapuss & Julien Flamand/Kennes éditions

Vieilles crapules

Je n'ai pas vu de différences entre Vielles Crapules et Anatole et Léontine, sorti en janvier 2021, quel est le lien entre les deux?

"C'est la même BD en fait. On voulait à la base le sortir en format à l'italienne, avec un côté authentique, l'aquarelle, etc. Ca a marché pour les enfants, mais le contenu est plus adulte et ça n'a pas réussi à percer. On a décidé de rectifier le tir et de refaire une maquette, au format classique. Le contenu par contre est exactement le même. On s'est rendu compte à Angoulême que ça intéressait beaucoup plus avec ce nouveau format et cette nouvelle couverture."

Pour situer, Anatole est vieux, méchant, et un vrai tyran dans sa maison de repos. Mais quand une nouvelle résidente arrive, peut-être pire que lui, ils entrent immédiatement en compétition... au grand dam du pauvre directeur, trop gentil pour les voir tels qu'ils sont vraiment

"C'est exactement ça, je n'aurais pas dit mieux. L'inspiration vient de l'expérience, enfin, de mon imagination, mais j'explique : ma compagne travaille en maison de repos, et comme j'allais la chercher à son travail quasiment tous les jours, les résidents me racontaient leurs histoires. C'est comme ça que ça a commencé. Marcel, un résident, me racontait notamment sa vie durant la guerre, et j'ai toujours tout noté. Ils ont en fait plein de choses à raconter, c'est comme ça que j'ai commencé à bosser sur la BD. C'était il y a plus de 10 ans déjà, mais jusqu'à présent aucun éditeur n'avait voulu se lancer."

C'était comment de bosser avec Julien Flamand?

"On avait bossé ensemble sur Spirou il y a 12 ou 13 ans, mais on ne s'est rencontré que deux fois. On se parle en fait uniquement sur Internet, c'est assez bizarre. On a par contre la même vision des choses et l'album a été terminé très rapidement. Je dessine mes scénarios, avec un story board, donc Julien avait déjà une idée assez précise des cadrages, d'où placer les personnages, etc. Avec les évolutions de la technologie, on a tout fait à distance, comme si on était côte à côte : on s'appelle en visio, on partage l'écran, et c'est parti. Ca permet aussi de travailler avec des gens qu'on n'aurait pas eu l'occasion de côtoyer autrement. Mon téléphone est devenu mon outil de travail quotidien."