Un fonds de 30 millions d'euros a été mis sur la table pour la reconversion des friches, ces hectares de terrains inusités précédemment occupés par une activité industrielle et souvent pollués. On en compte près de 2.300. Plus spécifiquement, Maxime Hardy espérait qu'il soit question de Duferco-Carsid, mais les réponses du ministres sont restées "peu précises", pour citer Schyns. 

De fait, le ministre a rappelé l'importance pour la Wallonie de réussir à réhabiliter les friches industrielles, que ce soit pour une reprise d'activité économique dès que possible, pour avoir un "stock" de terrains prêts à accueillir des développements dans l'avenir, et de la possibilité de réutiliser certains de ces terrains pour des projets conjoints d'activité économique et de logements. Avec une priorité pour des espaces assainis (dépollués, NdlR) qui sont à proximité des villes et des transports en commun. Le gouvernement a prévu de réhabiliter 100 hectares par an. 

L'objectif principal étant, bien sûr, d'éviter de "bétonner" de nouveaux espaces verts ou agricoles, quand il y a déjà des terrains propices à accueillir de l'activité et qu'il devient urgent de protéger l'environnement wallon. 

Sauf que pour Marie-Martine Schyns, 30 millions, c'est à la fois beaucoup d'argent... et très peu. Puis c'est pas moins de 500 millions d'euros qui ont été investis sur les 15 dernières années. Pour Véronica Cramesco, il faut aussi se montrer très attentif aux effets de la crise sanitaire, qui risquent de créer de nouvelles friches si des entreprises mettent la clé sous la porte, et donc déjà faire de la prévention. La députée a également pointé du doigt l'existence d'un outil bruxellois, qui pourrait être adapté à la Wallonie, pour mettre en avant les qualités des différents sites existants pour mieux "vendre" les terrains aux investisseurs intéressés. Enfin, Maxime Hardy a mis le dossier de Duferco-Carsid sur la table, espérant savoir s'il y avait déjà des projets pour le site hautement stratégique pour Charleroi, mais est aussi revenu avec son idée - précédemment évoquée au parlement - de consacrer une journée de réflexion pour l'avenir de différents sites. 

Le ministre Borsus est revenu sur le montant du fonds. 30 millions, c'est peu, oui, mais... "Nous envisageons d'utiliser tous les leviers à notre disposition, il y a notamment une fiche Feder dans Get Up! qui permettrait d'aller chercher 50 millions, on peut envisager des partenariats public-privé comme ce qui s'est fait à Feluy sans pour autant entrer dans les aides d'état, il y a aussi des crédits traditionnels, et d'autres outils européens existants et futurs". Quand au "où et quand" que réclamaient les députés, il est trop tôt pour le dire, d'après le ministre : "nous sommes en dialogue avec la Commission (européenne, NdlR) en coordination avec le fédéral. Ce n'est pas un travail facile, et il faut aussi se rendre compte que les 27 pays le font aussi de leur côté. Il faudra donc attendre le feu vert européen pour voir comment pourront être utilisés les fonds."

Quant à la proposition de se réunir une journée pour réfléchir à l'avenir des sites industriels wallons, le ministre a répété son intérêt pour la démarche, en y incluant des tiers. D'après la présidente e la commission, ça pourrait s'envisager dans un avenir très proche, quelques semaines à quelques mois. 

Il faudra donc attendre avant d'en savoir davantage. Certaines choses sont sûres : d'abord, Carsid-Duferco n'a pas le profil pour accueillir des logements, les sols sont trop pollués. Mais que ce soit Carsid ou les autres énormes sites liégeois, ils ont un potentiel d'attractivité très grand, vu leur proximité aux métropoles. Enfin, s'il faudra des "master plans" en plus de réflexions globales sur l'ensemble du bassin industriel, de Liège à La Louvière en passant par Charleroi, le ministre a indiqué "que pour les permis, que ce soit de démolition, de dépollution ou de construction, on ne peut pas attendre et faire traîner les choses 3 ou 4 ans."

Comme le souligne Maxime Hardy, en tout cas, aucune porte n'est encore fermée pour la région carolo.