Dans certaines conditions météo, un appareil normalement chargé ne peut atteindre l’altitude prévue.

C’est l’histoire d’une église dont le clocher monte à 51 mètres, dans l’axe de la piste de l’aéroport de Charleroi : à Jumet, la présence de Saint Sulpice sur la place du Chef Lieu est décrite comme un obstacle à la sécurité aérienne.

Dans certaines conditions météo, un appareil normalement chargé ne peut atteindre l’altitude prévue, ce qui présente du danger en raison de l’obstacle. Idem si un de ses moteurs vient à tomber en panne au décollage, il n’aurait pas la puissance requise pour passer au dessus du clocher.

D’où l’idée avancée par BSCA de raboter la toiture, d’une hauteur de 18 mètres. C’est en 2014 que l’hypothèse a été avancée. Pas question de forcer la main aux autorités religieuses : les instances de gestion de l’aéroport l’ont écrit au diocèse de Tournai.

Et la question n’a pas manqué d’être portée devant le parlement wallon. Il ne s’agirait que d’une simple formalité si le lieu de culte n’était pas classé comme monument. Or, c’est le cas depuis 1949. Le déclasser ? L’hypothèse avancée est plutôt d’obtenir le feu vert pour le modifier, si le diocèse y marque son accord.

Cela nécessite l’obtention d’un certificat de patrimoine préalable à la demande de permis d’urbanisme, ce qui est inédit en Wallonie. Selon le ministre de tutelle Maxime Prevot (CDH) qui l’avait souligné en janvier 2015, l’administration n’y serait pas particulièrement favorable.

Et c’est un euphémisme. Pour avancer dans ce dossier sensible, il vient de convoquer l’ensemble des parties (SPW, Ville de Charleroi, Diocèse de Tournai, fabrique d’église, BSCA, DGO4) à une réunion de travail, pour chercher le consensus. Au bout du compte, la décision a été prise de commander deux études, indique-t-on à son cabinet.

BSCA en prendra le coût à sa charge : la première portera sur la faisabilité architecturale de l’opération. Comment abaisser la hauteur de la toiture en respectant les volumes et les lignes de l’église Saint Sulpice, construite au 18ème par l’abbaye de Lobbes ? La deuxième étude aura trait à l’évolution de l’aéronautique et aux modèles d’appareils à l’horizon 2030-2040. Les perspectives de développement rendent-elles les travaux impératifs ? Les réponses à ces deux questions orienteront la suite des discussions : bien entendu, BSCA financerait l’entièreté des transformations si celles-ci devaient être mises en œuvre. Il est clair que les choses prendront du temps. La décapitation de saint Sulpice n’est pas pour demain.