Charleroi Un démantèlement partiel de l’outil est en cours, il inquiète.


Le démontage des staves (éléments de refroidissement) du haut-fourneau n°4 (HF4) de Carsid compromet-il la remise en valeur de l’outil ? Les membres du collectif citoyen pour la sauvegarde sont formels : l’opération contrevient aux autorisations délivrées.

Comme le rappelle le vice-président Louigio Spagnuolo, "la demande de démolition a été refusée par le fonctionnaire délégué du SPW. Celui-ci n’a marqué son accord qu’à un démantèlement partiel de l’outil, notamment des installations périphériques. Nous en avons informé le bourgmestre et l’administration."

La direction de Duferco (ex-Carsid) dit respecter scrupuleusement les permis dont elle dispose, en particulier l’interdiction de démolir le HF4, ce qui génère des surcoûts. Selon elle, "deux inspecteurs du Service Public de Wallonie sont venus sur le site la semaine dernière afin de contrôler la conformité des travaux. Aucune infraction n’a été relevée." Le groupe italo-suisse rappelle qu’il paie chaque année 7 millions d’euros de précompte immobilier pour une activité industrielle disparue depuis 10 ans : "60 % de ce montant revient à la ville, le solde à la province de Hainaut."

Conseiller mandaté par le collège communal dans ce dossier, Antonio Di Santo assure que le démontage des staves ne portera pas un dommage irréversible au HF4 comme le prétendent les riverains. "Pour la bonne et simple raison que les trous laissés par ce chantier dans la cuve peuvent être aisément rebouchés." Il affirme par ailleurs que la valeur des matériaux en cuivre n’a pas été intégrée à l’estimation du prix du HF4, établie à 3,8 millions.

Selon lui, le financement d’une sécurisation et d’un éclairage nocturne de l’outil ne serait plus à l’ordre du jour. "On s’oriente vers un règlement général de rachat de l’entièreté du domaine", avance-t-il, "hypothèse évoquée depuis septembre. Sa concrétisation demande à réunir les acteurs autour de la table, soit la Wallonie via sa société Sogepa et le groupe Duferco." Ce dernier dit n’avoir aucune information à ce sujet.

Le collectif citoyen du HF4 a recueilli plus de 6.000 signatures en faveur de la préservation. Il souligne que l’expert choisi pour procéder à l’estimation de l’ancien haut fourneau est un partenaire industriel du groupe Duferco. Ce qui ne manque évidemment pas de remettre en cause l’objectivité de sa mission.