Ne dites plus IPFH comme Intercommunale Pure de Financement du Hainaut mais… Ceneo. Pour adapter son identité à l’évolution de ses activités, la structure qui regroupe 57 villes et communes de la province ainsi que trois agences de développement territorial (Igretec, Idea et Ideta) vient de changer de nom. Interview croisée du secrétaire général Raphaël Durant et du président du conseil d’administration et bourgmestre de Fleurus Loïc D’Haeyer.

Ceneo, c’est un repositionnement de la structure ou une rupture avec l’image floue du passé ?

R.D : "Plutôt une clarification de ce que nous sommes et de ce que nous faisons. Nos missions ont évolué depuis la création de l’IPFH en 2006. Ceneo colle mieux à ces activités. Au service de la grande majorité des communes du Hainaut, nous opérons dans le secteur de l’énergie. Au travers de la gestion d’un portefeuille de participations dont la valeur approche 1,2 milliard (parts détenues par nos associés dans des sociétés énergétiques), mais aussi de plus en plus dans la concrétisation de partenariats locaux en faveur de la transition. Ceneo, c’est le C de communes, le E d’énergie et neo qui évoque l’innovation au sens large."

Comment votre action se traduit-elle à l’échelle locale ?

L.D : "Nous soutenons l’efficacité énergétique, la création d’outils de production d’électricité verte et de réseaux de partage du renouvelable. Unités de biométhanisation à Thuin et à Leuze-en-Hainaut, stations-service pour le ravitaillement en gaz naturel comprimé avec le groupe Enora, installation d’éoliennes dans le parc économique Orientis de Ghislenghien, nous sommes partie prenante de tous ces projets. Nous misons par ailleurs sur la création de communautés d’énergie renouvelable dans les parcs d’activité économique."

Pouvez-vous expliquer ?

L.D : "Il s’agit de mutualiser les équipements de production d’électricité verte pour en faire bénéficier un maximum d’entreprises. Le principe est très simple : plutôt que d’injecter de l’énergie au prix du marché dans un réseau de distribution, on regarde comment la partager en la revendant plus cher, mais en dessous de la valeur proposée par les fournisseurs classiques. Cela ne fait que des gagnants : l’entreprise productrice, l’entreprise utilisatrice et bien entendu le climat !"

Quels autres métiers Ceneo exerce-t-il ?

R.D : "nous intervenons aussi comme centrale d’achat d’électricité et de gaz au service de plus de 300 structures publiques. Cela leur permet d’économiser sur leurs dépenses d’énergie, ce qui impacte directement les budgets locaux. Les gains se chiffrent chaque année en millions d’euros, un montant qui s’ajoute à la distribution de dividendes issus des participations dans les société d’énergie, à hauteur d’environ 40 millions par an…"