Confidences politiques de l’échevin des Travaux et de la Voirie, sans tabous.


On ne le voyait pas à l’arrivée. Et pourtant, il s’impose dans le nouveau collège : échevin CDH sortant et entrant C +, Éric Goffart accorde sa première interview. Sans tabous.

Éric Goffart, c’est une surprise de rempiler avec Paul Magnette ?

"À titre personnel, j’ai toujours cru que c’était possible. D’une part, car il est important pour un bourgmestre d’avoir le meilleur projet et la meilleure équipe autour de la table. De l’autre, parce que la confiance est là. En six ans, notre groupe n’a jamais été pris en défaut de loyauté."

Sur la forme, vous perdez un échevin…

"Nous revenons au niveau de 2006. À l’époque, le PS n’avait ouvert qu’un poste au CDH, qui avait 6 sièges, et 2 pour le MR, qui en avait 14. Avec 4 sièges, nous maintenons notre présence dans la majorité. Pour les membres de notre mouvement qui ont largement approuvé le projet de participation au pouvoir, l’essentiel est de voir la quasi-totalité de nos 55 propositions reprises dans le pacte commun. Et j’hérite de deux nouvelles compétences revendiquées par C + : l’échevinat des Indépendants et des PME ainsi que celui du Numérique. Mais je conserve bien sûr les Travaux et la Voirie."

Mohamed Fekrioui n’est pas trop déçu de rester sur le carreau ?

"Il est de ceux qui défendent l’intérêt collectif, et met donc sa personne de côté. Soyons de bon compte : il n’a pas démérité et va rester politiquement actif, sans doute comme chef de groupe. Un groupe à parfaite parité composé entièrement d’universitaires : deux hommes et deux femmes, deux élus apparentés CDH et deux autres qui ne le sont pas."

Justement, il y a eu de grosses tensions avec le CDH durant la campagne. Où en sont vos relations ?

"L’entente avec le président de parti est parfaite et j’ai rencontré le président de section François Ghislain, avec lequel nous avons mis à plat tous nos différends. On a pris le temps d’en parler : on y a consacré quatre heures. Le conflit est à présent apaisé…"

Malgré les coups bas, divisions et autres rancœurs préélectorales ?

"Le mouvement C + ne se voulait pas un copié-collé du CDH. Il y a eu des déçus comme Albert Frère, qui ne siégera plus au conseil communal, je peux comprendre sa déception. Quant à la distance de Véronique Salvi lors de ces communales, je la mets sur le compte de l’émotion, elle n’était pas cette fois au cœur des préoccupations. Mais j’espère qu’elle va aider le CDH à remporter les élections régionales de 2019 !"

Quel pourrait être son rôle ?

"Une présence en dernière position sur la liste par exemple, comme Anne-Marie Corbisier l’avait fait en 2009 pour lui céder sa place de députée…"

Et avec qui en tête de liste ?

"C’est à Benoît Lutgen qu’il appartient de décider. Toutefois, nous avons dans notre arrondissement un candidat qui a exercé les fonctions de député, d’échevin et qui est chef de cabinet de la vice-présidente du gouvernement wallon : Antoine Tanzilli. Il a une revanche à prendre et me semble un excellent parti. Surtout avec Véronique qui pousse la liste !"