Philippe Barbion, secrétaire régional de la CGSP Admi, parle d'agents communaux "pris en otage par les politiques".

Avec une majorité PS en minorité effective, deux échevins dépossédés de leurs compétences qui ont formé une alliance avec l'opposition AJC, devenue désormais majoritaire, le conseil communal qui a enlevé au collège communal la délégation de ses pouvoirs, la situation politique à Anderlues est un véritable enfer depuis quelque mois. Et si c'était une "guerre politicienne", elle commence désormais à déteindre sur le personnel communal. "Ils se sentent pris en otage par certains membres du collège et conseil communal. Cette situation ne peut plus durer et les travailleurs sont à bout", note Philippe Barbion.

Un préavis de grève est déposé du 23 septembre au 8 octobre, renouvelable si besoin. "Le préavis d'actions est déposé à la CGSP Admi Charleroi pour l'ensemble de ses affiliés, les actions pourront prendre des formes diverses et aller jusque des journées de grève."

Philippe Barbion, comment la situation politique d'Anderlues affecte-t-elle les agents communaux? 

"Par la non-prise de décision, puisque le conseil communal doit valider des documents... eh bien quand un conseil ne se tient pas, il y a des décisions qui ne sont pas prises. Les agents sont fatigués de subir les politiques, et ils ont peur que ces problèmes leur retombent sur la tête in fine, notamment des marchés publics ou des demandes de subsides qui ne seront pas faits dans les temps. Ils se sentent pris en otage d'une guerre politique qui dure depuis pas mal de temps. Il faut que l'autorité communale réaffirme son soutien aux travailleurs, je ressens une fatigue mentale chez les agents avec ces épisodes à répétition."

La CGSP prend-elle parti pour un des deux camps politiques? 

"Absolument pas, quand je parle de "politiques", c'est de tous bords. Il faut qu'ils se parlent pour le bien des agents. Je ne fais pas de politique politicienne, je parle en général, de la majorité comme de l'opposition. Qu'ils se parlent pour faire fonctionner leur administration, le reste ça se traite hors du conseil et du collège. A Anderlues, l'instance politique ne fonctionne pas. Je ne cite personne, parce que tout le monde est ciblé : ils ont tous un mandat politique, qu'ils l'assument. La boutique administrative doit tourner."

On sait que les administrations peuvent être colorées, le syndicat n'a-t-il pas peur d'être utilisé à des fins politiques dans cette histoire ? 

"Pas du tout. Une majorité, peu importe laquelle, nous lui parlons dans le cadre des comités de négociation. Quel que soit l'interlocuteur qu'on aura, il faut qu'il ait le pouvoir et le message de rassurer les employés de la commune. Les politiques ont été élus, ils doivent faire comme les travailleurs tous les jours: leur travail. Ils ont des devoirs. Et quelle que soit la majorité politique, mon discours ne changera pas."

Une grève est-elle envisagée ?

"On ne part pas tout de suite en grève, il ne faut pas pénaliser le personnel. Spontanément mercredi, il y a eu un arrêt de travail, parce que les agents montrent leur mécontentement. Maintenant, si les travailleurs veulent des actions, il faudra en discuter et y aller crescendo. Avec la grève comme arme ultime. Mais on ne part pas en grève, comme ça, pour le plaisir de partir en grève. Si un commissaire est envoyé par la région, puisque cette demande a été faite paraît-il, il y aura peut-être des solutions qui se dégageront sans devoir passer par la grève."