Lancée en janvier dernier, la chambre de traitement de la toxicomanie de Charleroi a pour but d’aider les personnes dépendantes des produits stupéfiants qui comparaissent devant le tribunal correctionnel de Charleroi de s’en sortir avec une peine plus clémente que la prison ferme. Les prévenus s’engagent à suivre un programme durant 10 mois afin de soigner leur dépendance, et de leur permettre d’échapper aux sanctions pénales habituelles requises par le ministère public.

Depuis 8 mois maintenant, Jordan alterne le chaud et le froid. Le jeune homme de 25 ans est un consommateur de cocaïne et de cannabis depuis son adolescence. Sans revenu et pour financer sa consommation, Jordan a extorqué et harcelé sa pauvre mère pour obtenir de l’argent, mais également détenu ses substances favorites.

À plusieurs reprises déjà, la CTT avait tiré la sonnette d’alarme, rappelant à Jordan l’importance de s’impliquer et de respecter le programme pour lequel il avait donné son accord. Mais Jordan a, parfois, montré des signes encourageants avant de s’écrouler. Jordan consommait encore ou ne voulait pas être hospitalisé à Van Gogh pour entrer au centre Alter Ego.

Et ce mardi, la chambre de traitement de la toxicomanie a décidé de mettre un terme au programme. Les conclusions du rapport de l’assistante de justice sont claires. "Il faut constater l’échec du programme", lit à voix haute le juge Davio face à un Jordan impassible. "Il n’y a eu aucun respect des conditions. Le prévenu n’est resté que 48h dans le centre." La substitute Coduys a requis la peine de 2 ans de prison déjà requise juste avant que Jordan intègre le programme.

Un nouvel arrivant

David, lui, a été contrôlé au volant de son Opel Astra par la police à Manage en octobre 2019. Le quadragénaire est poursuivi pour la vente et la détention de cannabis, d’ecstasy, de cocaïne et de MDMA. "J’étais un gros consommateur, uniquement festif lors de soirées le vendredi et le samedi. Mon arrestation a été un électrochoc. Je ne consomme plus rien depuis un an."

En aveux des faits, David a marqué son accord pour intégrer le programme mis en place par la CTT. Ce dernier sait que s’il ne s’investit pas à fond, il risque une peine de 18 mois de prison. Le premier point sur l’évolution de David aura lieu le 19 janvier prochain.