Charleroi

Charleroi a sa carte à jouer, une étude internationale trace des pistes.


Et si la future cité des métiers de Charleroi devenait le cœur d’une nouvelle expérience de mutualisation des outils et filières dans le domaine de la validation des compétences et des acquis ? L’idée peut s’imposer au terme de l’étude internationale à laquelle vient de participer la seule école hennuyère de promotion sociale du mouvement d’éducation permanente des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS). 

Dans la pratique, nombreux sont ceux qui apprennent leur métier sur le tas, avec un parent ou un ami ; qui développent des aptitudes techniques ou linguistiques parce qu’ils sont autodidactes. Mais qu’en est-il de la reconnaissance de tous ces savoir-faire ? Si des dispositifs existent, ils sont largement méconnus. Et sous-financés. 

Ce sont deux des constats tirés de cette enquête effectuée dans le cadre d’un programme Erasmus +, et qui a associé la Belgique francophone à quatre autres pays (Lituanie, Croatie, Pays-Bas et Royaume Uni). Comme l’explique Nathalie Evrard, coordinatrice de ce projet baptisé « Revalue », « les recherches ont porté à la fois sur les usagers, les praticiens, les responsables politiques, les employeurs et les organisations syndicales. Notre étude s’est intéressée au fonctionnement des systèmes mis en place dans chacun des états et a permis d’identifier des bonnes pratiques et des manquements. » 

A partir de ces éléments, un cahier de recommandations a été établi, quatre constats en ressortent : 

  • D’abord le manque de visibilité. Un effort est à faire pour renforcer l’information auprès des citoyens et plus particulièrement des publics cibles. 
  • Ensuite, il apparait essentiel de travailler à une simplification du système. Les passerelles sont nombreuses, une clarification s’impose. 
  • Trois : les praticiens ont besoin de soutien, que ce soit en termes de moyens ou de temps consacré à ces procédures. En Belgique francophone par exemple, 48.000 valorisations d’acquis sont déjà intervenues pour un nombre presque équivalent de validations de compétences. 
  • Quatre : pour couvrir l’ensemble des coûts, il faut revoir le financement à la hausse et le pérenniser. 

En Europe, cela fait 20 ans que des processus de valorisation et de validation sont mis sur pied dans les écoles et les centres agréés. Ils permettent à un étudiant d’alléger ou de raccourcir son parcours, à un travailleur d’obtenir un titre officiel. Sur fond d’évolution rapide des technologies et de l’économie, il est essentiel d’encourager les individus à améliorer leurs aptitudes pour accroitre leur employabilité et leur productivité.

La seule école FPS du Hainaut

Dans le bassin scolaire Hainaut Sud, l’école des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) est l’un des 26 établissements agréés de promotion sociale. « Subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles, il appartient au réseau libre », précise son directeur Charles Tesse. « Notre reconnaissance porte sur un volume de 15.000 périodes de cours de 50 minutes par an, ce qui représente une population moyenne d’un demi-millier d’étudiants. » 

Le chiffre est à mettre en vis à vis des 4 à 5.000 périodes de cours organisées par de petites entités comme Couvin et Chimay, mais aussi d’écoles plus importantes qui en dispensent 40 à 50.000.

 En dehors de la région liégeoise où se concentrent ses implantations, les FPS ne gèrent qu’une seule antenne en Hainaut, celle de Charleroi. Alors que la cité des métiers s’y profile à l’horizon 2022, un regroupement des opérateurs et une harmonisation des passerelles s’impose comme un défi. Une opportunité, même.