L'activité économique a été durement impactée suite à la pandémie de la Covid. Cette longue période a été pour de nombreuses personnes l'occasion de se remettre en question d'un point de vue professionnel et plus largement dans le choix de vie.
Avec des fermetures, des périodes de chômages et autres licenciements, nombreux sont ceux qui ont décidé de se lancer dans une nouvelle carrière d'entrepreneurs.

A l'asbl Sace à Charleroi, on a jamais vu une telle affluence de candidats entrepreneurs. Cette asbl soutenue par la Région Wallonne a pour mission de favoriser l'insertion sociale et professionnelle en accompagnant les personnes qui souhaitent créer leur activité indépendante.

Son directeur, Noël Lassoie voit d'un très bon œil cette envie d'indépendance.

Quelles sont les motivations des personnes souhaitant développer leur projet personnel ?

Les difficultés liées à la recherche d'emploi n'est pas la première raison. Certains, sans emploi se disent qu'ils ont une compétence ou un savoir-faire et pourquoi ne pas le faire pour moi. Les personnes souhaitent aussi se réorienter et se "bouger" pour elles-mêmes. Avec la crise Covid il y a eu une espèce de prise de conscience pour développer une activité pour soi. Cela c'était déjà produit en 2016 avec le lancement du plan Tremplin. Aujourd'hui, on est dans une dynamique positive où les gens veulent agir pour elles-mêmes. Une plus grande communication pour la création d'entreprise aide aussi en ce sens.

Quels sont les profils des candidats ?

Il a les profils plus classiques comme la dame de 35-45 ans qui est en réorientation professionnelle dont les enfants ont atteint une certaine autonomie. Elles se lancent dans une activité qu'elles ont toujours rêvé de faire. Il y a également les hommes qui ont une certaine expérience et ont travaillé pour un patron. Plutôt que de le faire pour un autre autant le faire pour soi. Ce sont aussi des personnes qui ont subi le chômage temporaire et qui se sont retrouvés dans l'incapacité de pouvoir travailler pour un patron tout en voyant que les indépendants pouvaient continuer à fonctionner. Etre indépendant permet de ne pas s'arrêter. Les personnes de plus de 50 ans se rendent compte qu'elles ont encore quelques années à travailler et de cette constatation développe leur propre activité en se sentant utiles et en valorisant leur expérience. Ce qui est nouveau, ce sont les jeunes qui sortent des études. Certains ont utilisé leur statut d'étudiant entrepreneur. Ils ont déjà une petite expérience et souhaitent se professionnaliser et se consacrer entièrement à leur projet. Même si cela est un peu dangereux ils croient en leur potentiel, une attitude un peu plus anglo-saxonne.

Quels sont les secteurs qui connaissent un engouement ?

On a beaucoup de métiers du bien-être comme la coiffure, l'esthétique et autres thérapies alternatives. On a aussi des activités qui sortent un peu de l'ordinaire comme les activités liées au numérique et aux nouvelles technologies.