Charleroi

Constat d’Isabelle Meerhaeghe : la culture n’a jamais été une priorité pour Charleroi

CHARLEROI A-t-on assez argumenté, après la sortie agacée de la députée-bourgmestre de Montigny-le-Tilleul, Véronique Cornet (MR) ? Ses chiffres avançaient que Charleroi était la mal aimée de la culture et de sa ministre, Fadila Laanan : 28 % des subventions de Liège seulement pour Charleroi, hausse des subventions de 1,6 % depuis 2004 à Charleroi, pour une hausse de 97 % à Mons, le tableau n’était guère réjouissant.

Piquée au vif, Fadila Laanan a répliqué qu’on avait tort de se limiter à la sécheresse des chiffres, ajoutant que “la culture aime les Carolos”.

Côté Écolo, comment réagit-on à la querelle ? Pour la députée Isabelle Meerhaeghe, il faut défendre un “droit à la culture”. Et d’y aller d’une forme de soutien à Antoine Tanzilli, l’échevin carolo de la Culture, en mal de soutiens internes, dit Meerhaeghe : “Il fait ce qu’il peut avec les moyens qu’on lui donne”, détaille-t-elle, avant de s’en prendre à l’absence de cohésion interne au collège communal, quand il s’agit de mener une politique culturelle.

Reste qu’elle a, vis-à-vis de l’échevin aussi, des reproches à formuler. Ainsi, à propos du pôle image : “Le cinéma Le Parc, avec l’expérience qu’il affiche, n’est pas assez soutenu, et il ne peut pas se contenter d’être une sorte de sous-traitant d’autres projets, alors qu’aucun autre n’est à même de le supplanter”.

Pour l’élue Écolo, le problème est plus vaste, et remonte à loin dans le passé carolo : “On devrait considérer que la culture est un moyen d’épanouissement individuel et collectif, mais Charleroi l’a depuis trop longtemps considérée comme un élément de second plan, et jamais comme une priorité politique”.

Cela, alors qu’elle cite des enseignes comme le Rockerill, le Vecteur, l’Ancre, le Vaudeville, le BPS 22, le musée de la Photo. Tout cela existe, insiste-t-elle, mais “ce qui manque, c’est un véritable projet fédérateur, des acteurs véritablement soutenus par la ville, et rassemblés dans un travail plus cohérent : le problème de Charleroi, c’est au moins autant un déficit de volonté commune, qu’un déficit de subventions !”



© La Dernière Heure 2011