Le 8 juillet 2018, quand la police est arrivée sur les lieux du crime, rue de Loverval à Châtelet, Yasin Driessens était debout près de Romain Martin qui, lui, gisait sur le sol, inconscient après avoir reçu plusieurs coups dont un particulièrement violent à la tête, qui lui fut fatal. Selon les policiers, le condamné était d'un calme olympien et est directement passé aux aveux. "Il a formulé des regrets dès sa première audition à la police", a souligné Me Fanny Hanot, avocate de Yasin Driessens.

Ce dernier n'avait, en outre, aucun antécédent judiciaire. Malgré de nombreux problèmes de comportement durant sa jeunesse, Yasin Driessens n'a jamais été renvoyé devant le tribunal de la jeunesse, ni devant le tribunal correctionnel. "Cela faisait trois ans qu'il habitait Châtelet mais aucun policier ne le connaissait", a argumenté la défense. Le jeune homme a entamé un suivi psychologique en prison afin de lui permettre de soigner son impulsivité.

Son jeune âge révèle en outre une certaine immaturité, "sans aucune structure, sans aucun repère, sans aucune stabilité", a poursuivi Me Hanot.

L'enfance déstructurée et chaotique du jeune homme a également été mise en avant. Né à Liège en 1998, Yasin Driessens a été abandonné par sa mère biologique à l'âge de trois mois. C'est à travers une procédure qu'il a appris le nom de celle-ci, une femme née en 1975 qui a eu une relation avec un homme violent durant sa grossesse. C'est la tenancière d'un café, Mme Driessens, qui a recueilli l'enfant, jusqu'au décès de cette dernière cinq ans plus tard, rapporte l'avocate.

L'enfant a ensuite été placé dans une famille d'accueil qui comptait déjà cinq enfants. "Il a été choisi par une femme qui a eu un coup de cœur pour lui, comme on peut avoir un coup de cœur pour un sac à main", a estimé la défense. Yasin y était battu par le père, un homme violent avec sa femme et ses enfants.

Les séjours en psychiatrie débutent pour Yasin Driessens dès l'âge de 12 ans. "Il a été trimballé de centre en centre, faute de place. Il a été placé dans onze institutions en 2012", note l'avocate qui ajoute que, dès 2014, des expertises psychologiques avaient décelé chez son client des signaux inquiétants.

Le 8 juillet 2018, Yasin Driessens était dans un état d'énervement après une dispute avec son meilleur ami et souffrait d'une peine de coeur, a encore avancé la défense.

Me Lauvaux, qui défend également Yasin Driessens , estime que la peine réclamée par le ministère public est excessive, voire inhumaine. "Les aveux et les regrets apparaissent dès le début du dossier. Il est prêt à accepter ce qu'il va se passer, si cela a un sens", a-t-il conclu.