Déprimé, il avait inventé un bobard pour justifier son retard au boulot

CHARLEROI Patrick n’est pas un grand délinquant, que du contraire. Agent pénitentiaire, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour avoir “fait rédiger un faux PV par un policier”. L’année 2009 ne fut pas à marquer d’une pierre blanche pour Patrick. Ses problèmes conjugaux l’ont en effet plongé dans la dépression.

Et quand on exerce un boulot difficile comme le sien, avoir le moral dans les chaussettes n’aide pas à se lever le matin. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, un jour plus morose que les autres. “Je ne me suis même pas rendu compte de la gravité de ce que je faisais”, raconte Patrick à la juge. “J’étais en retard pour le boulot et, pour me justifier, je suis allé tout droit au commissariat de police. J’ai inventé une agression. C’est tout. Ce n’est que par après, lorsque je me suis fait soigner pour ma dépression que j’ai compris mon erreur. J’ai rap pelé la police et j’ai tout avoué”.

Bien entendu, le Parquet ne réclame pas la mort du pêcheur. Faute avouée est à moitié pardonnée, dit l’adage. “Mais tout de même, le prévenu doit se rendre compte qu’on ne monopolise pas les forces de l’ordre pour une fausse agression”, a lancé la substitute Anne-Catherine Broucke. “Dans la région de Charleroi, elles ont d’autres choses à faire que d’enquêter sur du vent”.

Toutefois, la rédemption du prévenu joue en sa faveur et le Parquet ne s’est pas opposé à une suspension du prononcé. Une mesure qui lui éviterait un casier judiciaire et probablement, la perte de son emploi. Patrick, qui n’avait pas d’avocat, affirme avoir surmonté ses problèmes et sollicite cette faveur du tribunal.



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