Charleroi Les négociations interprofessionnelles fâchent chez les rouges. La FGTB Charleroi & Sud Hainaut va aller réclamer 24 heures d'actions lors du congrès fédéral.

Vincent Pestieau, secrétaire fédéral de la fédération, dénonce des propositions "pas sérieuses" dans le projet d'accord. Récapitulatif.

Fin février, les négociations interprofessionnelles entre les fédérations patronales et les syndicats ont pris fin. Un projet d'accord a été rédigé, et soumis aux différents syndicats. 

"C'est un accord qui va toucher tous les salaires du pays", peste Vincent Pestieau, "Et les propositions qu'on nous fait ne sont pas sérieuses, il n'y a rien pour augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs, qui restent beaucoup trop souvent précarisés."

Trois points, principalement, fâchent le syndicat à Charleroi : 

  1. L'augmentation salariale d'1,1% sur deux ans: "ça fait 0,55% d'augmentation par an, et l'accord prévoit que ça soit bloqué. C'est beaucoup trop peu."
  2. L'augmentation du salaire minimum de 10 centimes par heure : "on a plaidé pour une augmentation des 9,50€ horaires aujourd'hui à 14 euros. Bon, évidemment, on n'aura pas 40% du jour au lendemain, donc on tablait sur une augmentation de 10% environ, soit 1€ de plus par heure pour le travailleur. Sauf que 10 centimes... c'est à peine 1% d'augmentation. C'est inaudible quand on a des gens qui travaillent pour des salaires minimum."
  3. La fin de carrière : "on nous propose que les prépensionnés le soient à 60 ans, et qu'il y ait des dérogations pour que ça soit à partir de 58 ans si une dérogation est accordée.. et que la personne reste sur le marché du travail. C'est insuffisant. On voulait des prépensions claires, et disponibles à partir de 58 ans, sans obligation de rester sur le marché de l'emploi. Sinon, ça veut dire que celui qui part en prépension doit accepter une éventuelle proposition de travail, à 58 ans, pour deux ans, et sans possibilité de refuser."
Le 26 mars prochain, les fédérations de la FGTB se réunion pour décider de valider, ou non, l'accord. La FGTB Charleroi Sud-Hainaut va proposer une grève de 24 heures, pour mettre un coup de pression sur les politiques en vue des élections régionales et fédérales. "Ce sera un vote démocratique, mais vu que les propositions ne sont pas sérieuses, il y a de fortes chances qu'on agisse, tous ensemble et sur tout le pays", note Vincent Pestieau.