Il n’y a pas de retards comme dans d’autres régions du pays.

Retards de paiement, permanence syndicale saturée d’appels téléphoniques, les régionales FGTB de Bruxelles, Liège et Namur ont été pointées du doigt ces dernières semaines. Celle de Charleroi-Thuin ne s’est pas laissé déborder par l’afflux de dossiers de chômage temporaire. 

En mars, leur nombre a quintuplé : "nous sommes passés de 3.000 à 15.000, un chiffre qui a grimpé à 19.000 en avril", selon le secrétaire fédéral de la régionale Charleroi Sud Hainaut Vincent Pestieau. "Depuis l’entrée en confinement, nous ne travaillons qu’à bureaux fermés, sur rendez-vous ou à distance. Notre call center qui mobilise trois opérateurs a été dédoublé, trois autres lignes "Corona" sont accessibles à nos membres." Cela permet d’absorber près de mille appels téléphoniques par jour.

Chaque syndicat intervient comme organisme de paiement : il est ainsi chargé de verser aux bénéficiaires leurs revenus de remplacement. "Dans notre zone, nous avons bien géré l’augmentation de la charge de travail", poursuit le secrétaire fédéral. "Notre organisme de paiement a ainsi dû traiter 40% de dossiers d’indemnisation en plus qu’en période pré covid", explique-t-il. "Avec les bénéficiaires complets au nombre de 20.000, ce sont plus de 33.000 paiements qui ont été effectués, 90% dans les 4 à 5 premiers jours du mois, la totalité après huit jours ouvrables." 

Selon la FGTB, la grande majorité des retards sont liés à des erreurs imputables aux employeurs, qui n’ont pas transmis les informations correctes à leurs secrétariats sociaux ou à la banque carrefour. Exemple : déclaration d’un nombre incorrect de jours chômés. Ce recours massif et intensif au chômage temporaire pousse des milliers de familles dans l’insécurité financière, voire la précarité. "Il faut bien se rendre compte que les indemnités équivalent à 70% du revenu brut plafonné à 2700 euros", observe Vincent Pestieau, "soit parfois de mille à quatorze cents euros, ce qui place les ménages en situation de pauvreté." 

Sur fond d’économie affaiblie par la peur et la chute du pouvoir d’achat, les pertes d’emplois pourraient faire revenir la région de Charleroi à son niveau d’il y a 5 à 10 ans. Le pire est-il à venir ? La régionale FGTB s’y prépare.