Philippe Barbion, secrétaire régional de la CGSP Admi (branche service public de la FGTB, le syndicat socialiste), s'est fendu mercredi d'un long communiqué de presse plutôt vindicatif. Sa cible : le bourgmestre socialiste de Charleroi, Paul Magnette.

C'est suite à ses interviews de rentrée dans la presse que la moutarde est montée au nez du syndicat : "j'ai toujours défendu un principe : la Ville doit faire elle-même ce qu'elle réalise mieux que les autres afin de rendre le meilleur service possible au citoyen", disait le bourgmestre dans La Nouvelle Gazette. Et l'inverse est aussi vrai : se délester de certains services pour les confier à des organismes plus spécialisés, comme ça a été le cas avec la propreté publique externalisée à l'intercommunale Tibi.

"Pour nous sa vision du fonctionnement d'une institution publique ressemble plus à une gestion d'une société privée ! Quand il parle d'externalisation, le vrai mot est privatisation, parce que ces organes externes n'ont plus la même vision du service au public", tempête le représentant syndical Philippe Barbion. "Depuis que la piscine Helios est dans la Régie Communale autonome, le prix a augmenté. Même les parents qui viennent voir les enfants depuis la tribune doivent payer désormais. Et le nettoyage de la piscine a été privatisé. Le passage du service propreté de la ville vers Tibi s'est accompagnée d'un surcoût financier non-négligeable..."

Il est désormais question, même si Paul Magnette ne s'exprime pas sur ce sujet pour l'instant, de potentiellement externaliser les crèches communales vers l'intercommunale ISPPC, l'ensemble des piscines à la RCA, les bâtiments sportifs à l'asbl Parc des Sports, etc. "Nous resterons très attentifs aux signes de privatisation et nous serons aux côtés des travailleurs si pour se faire entendre ils désirent aller dans la rue."

Les raisons de la colère syndicale remontent plus loin, évidemment. "Il manque du personnel partout, ainsi que du matériel, mais le bourgmestre préfère payer des consultants bien cher, comme on a appris récemment qu'il avait dépensé 125.000 euros pour remotiver les agents, qui aujourd'hui sont anéantis après avoir lu ses déclarations de rentrée. Une cellule de 15 personnes a été créée à la ville pour faire le marché public, mais il n'y a plus de ciment depuis six mois dans les services travaux de la ville. Autre exemple: on n'engage plus que des manoeuvres et non des maçons. Notre analyse est que dans ces conditions, il sera très difficile de continuer à rendre un vrai service public. Et si on ne permet pas à ses services ville de faire leur travail correctement, il n'est pas étonnant qu'on dise après qu'il faut privatiser parce que ça ne fonctionne pas en interne..."

Contactée, la ville a répondu succinctement : "Le service rendu au public reste une priorité au public de même que le bien-être des travailleurs. Nous n'allons pas faire de concertation sociale via la presse."