FGTB, CNE et partis de gauche serrent les rangs


POLITIQUE CHARLEROI L’an dernier, au 1er mai, la FGTB Charleroi et Sud Hainaut avait poussé un solide coup de gueule, par la voix de son secrétaire régional Daniel Piron, contre la politique du gouvernement fédéral. Ce n’était pas si évident, sachant la présence, notamment au poste de 1er ministre, d’Elio Di Rupo, et les liens très anciens noués entre parti et syndicat.

Pourtant, à quelques jours près de l’anniversaire de cette intervention, Daniel Piron revient et il récidive, avec cette fois l’appui des partis qui se positionnent à la gauche du PS. Ils sont venus, ils étaient tous là, hier, pour dire qu’en effet, répètent-ils, la présence du PS au sein du gouvernement fédéral est loin de leur avoir apporté tous leurs apaisements. Ils évoquent l’austérité, le blocage des salaires, la manipulation de l’index, l’absence de véritable justice fiscale, les contraintes budgétaires qui pèsent sur les services publics, par exemple.

Depuis l’an dernier, la CNE Hainaut a rejoint la FGTB Hainaut-Namur, et les partis qui se revendiquent de la gauche, à la gauche du PS, y sont venus aussi. Ils ont dit et répété hier leurs désillusions à propos de la politique fédérale : PTB +, Gauche, Front des Gauches, LRT, LCR, étaient présents pour soutenir ce qu’avait, il y a un an, lancé Daniel Piron. Celui-ci l’avoue : son intervention d’alors n’a pas soulevé un “enthousiasme galopant” au sein de la FGTB, notamment en raison de la lourdeur des structures internes et de la longue alliance, “des relations plus qu’intimes”, dit-il, entre PS et FGTB. Mais le constat est là, qui justifie la volonté de ces différents partis, de la CNE et de la FGTB, d’étudier une autre forme d’opposition. Il n’est pas question de constituer un parti nouveau, dit-on, mais bien de se pencher sur les problèmes et de leur trouver d’autres pistes de solution. Samedi, un meeting de ces différents participants se tiendra à la Géode du Palais des Expositions. Des ateliers y seront mis en place dont l’un évoquera les “terrains désertés par la gauche”.

Au passage, les participants à ce groupe de réflexion le disent : le PS actuel fait de la musculation préélectorale, avant d’expliquer ensuite que “sans lui, ce serait pire”.

L’affirmation ne semble pas convaincre et Daniel Piron l’annonce : le 1er mai, à Charleroi, sera l’occasion de rappeler à Ecolo et au PS leurs obligations.

© La Dernière Heure 2013