Maëlle, 14 ans, s'est suicidée le 31 janvier 2020. A ce moment-là, cela fait plus d'un mois, dans son école de Jumet et chez les jeunes de son âge, que des images d'elle ont commencé à circuler, partagées par un ado de 15 ans qui voulait "se venger" de l'adolescente.

Suite au décès de la jeune femme, cinq jeunes âgés de 14 à 15 ans sont entendus . C'est le fruit d'une enquête sur les réseaux sociaux et une analyse de la téléphonie (GSM) menée par la police locale de la zone Brunau. Quatre jeunes sont libérés après l'audition, mais l'un d'entre eux, qui a avoué être à l'origine de la diffusion des images de Maëlle, est placé dans une institution publique fermée.

Un an après le drame, trois audiences au moins se tiendront successivement au palais de justice de Charleroi, au tribunal de la Jeunesse. La première se fera le 18 février, à huis clos puisque des mineurs sont impliqués.

Me Pierre Huet, qui représente le père de Maëlle, se portera partie civile. C'est un moment qu'Emmanuel Montana attendait depuis qu'il avait appris que des images de sa fille circulaient sur Internet, des images pour lesquelles Maëlle avait été harcelée et finalement poussée au suicide. "C'est un soulagement pour lui que l'enquête ait abouti, mais c'est aussi une angoisse d'être confronté à la situation, aux éléments du dossier. ll est submergé de douleur" , témoigne son avocat. De ces audiences, ce qu'ils espèrent, "c'est d'abord de comprendre pourquoi ça a pu aboutir à ce drame. Mais il a aussi ancré en lui qu'il faut tout faire pour que ça ne puisse plus arriver. Tout faire pour que le harcèlement à l'école, qui est une réalité à travers les réseaux sociaux, soit le mieux possible encadré pour protéger les jeunes qui en souffrent. Ce qu'on peut voir sur les réseaux sociaux est d'une violence inouïe, surtout pour des jeunes en construction de leur personnalité, et donc en situation de fragilité: l'adolescence, c'est le moment le plus délicat au niveau des émotions."

Emmanuel Montana, qui a préféré laisser la parole à son avocat, nous confiait d'ailleurs qu'il espérait une large couverture médiatique des audiences et du procès, pour que ce qui est arrivé à sa fille ne tombe pas aux oubliettes. Parce que le sujet du harcèlement, et les drames qui en découlent, est toujours d'actualité. Me Pierre Huet s'exprimera à nouveau pour son client après l'audience, depuis le Palais de Justice de Charleroi.

On ne peut que le rappeler: le harcèlement scolaire est et reste un délit puni par la loi. Un numéro vert existe, le 103 (Ecoute-Enfants) ou le 0800/95.580 (Ecoles et Parents). Il est également recommandé d'en parler autour de soi, que l'on soit soi-même victime, ou qu'on ait remarqué que quelqu'un d'autre se fait moquer, insulter, menacer, battre, bousculer ou toute autre forme de violence.